13 Tevet 5767            03.01.2007    Numéro 135

 

   
 
 A LA UNE

 
Le « Lion » de Jérusalem est mort

 Teddy Kollek, l’ancien maire de Jérusalem est décédé à l’âge de 95 ans. Avec lui disparaît une des dernières grandes figures de l’histoire d’Israël.
 

Teddy Kollek avait vu le jour à Vienne en 1911 dans une famille de la bourgeoisie juive autrichienne. Son prénom véritable « Théodore » avait été choisi par ses parents en hommage au visionnaire du sionisme, Théodore Herzl. En 1935, le jeune homme s’installe sur les bords du lac de Tibériade où il participe à la fondation du kibboutz Ein Guev. Avec le début de la guerre, il devient officier de liaison pour l’armée britannique et va contacter pour les Alliés, les groupes de résistants juifs en Europe. Puis Teddy Kollek rejoint la Haganah, où il va notamment aider la future armée d’Israël à acheter des armes dans les pays d’Europe centrale. Après la création de l’Etat, on le retrouve auprès de David Ben Gourion dont il sera le chef de cabinet. Suivant son mentor, il entrera en politique au sein de son parti Rafi, qui deviendra plus tard le parti Travailliste. C’est sous ces couleurs qu’il sera élu Maire de Jérusalem pour la première fois en 1965. Un poste qu’il n’a d'ailleurs brigué que sous la pression de Ben Gourion.
Mais avec la guerre des Six Jours et la réunification de Jérusalem, Teddy Kollek prend conscience de l’importance de sa mission. Il entreprend de moderniser la ville et de la rendre digne de son histoire, de son caractère religieux, mais aussi de sa qualité de capitale politique de l’Etat. Egalement respecté par les habitants juifs et arabes, Teddy Kollek prend à cœur le développement de sa ville. Il y convie les stars américaines les plus en vue, les artistes renommés, rencontre tous les hommes d’Etat et les diplomates qui viennent à Jérusalem, et pour qui il devient un symbole à part entière de la ville. C’est sous sa direction que la capitale se dote d’un musée national, d’un théâtre et d’un jardin zoologique, où un couple d’éléphants porte même son prénom et celui de son épouse. Teddy Kollek qui durant ses vingt-huit années de mandat sera tous les matins à cinq heures à son bureau, tient à rester proche de la population. Son numéro de téléphone privé figurera même dans l’annuaire pour que ses administrés puissent le joindre à tout moment.
Ehud Olmert qui lui avait succédé en 1993, a rendu hommage à son prédécesseur «Teddy Kollek a été l’un des bâtisseurs de la nouvelle Jérusalem et a porté la gloire de la ville dans le monde entier» a déclaré le chef du gouvernement israélien. L’actuel maire de la capitale Uri Lupoliansky a affirmé pour sa part : «Teddy c’était Jérusalem et Jérusalem c’était Teddy». Les drapeaux ont été mis en berne sur le toit de la mairie de la capitale. Teddy Kollek sera inhumé jeudi au cimetière du Mont Herzl.
 

  Sécurité

 
-  Le chef d’état-major de Tsahal a présenté à la presse le compte-rendu du séminaire qu’il a tenu pendant deux jours avec 600 officiers supérieurs sur le fonctionnement de l’armée israélienne pendant la guerre du Liban. Le général Dan Halutz a assuré qu’il veillerait à tirer les enseignements des carences constatées pendant le déroulement du conflit. En revanche le chef d’état-major a affirmé qu’il n’avait pas l’intention de démissionner de son poste, à moins que le gouvernement israélien ne réclame son départ.
 
- Un chauffeur de poids lourd israélien a été légèrement blessé par un obus de mortier tiré de la Bande de Gaza sur le terminal de Karni, alors qu’il acheminait des marchandises à destination de la population palestinienne.
 
- « Le temps joue pour l’Iran et il ne faut pas exclure la nécessité en dernier ressort d’une action militaire israélienne pour stopper le programme d’armement nucléaire iranien ». C’est l’analyse de l’Institut d’Etudes Stratégiques de l’Université de Tel-Aviv qui a présenté son rapport annuel sur la situation stratégique du Proche-Orient, et qui constate aussi que la dernière guerre du Liban a écorné la force de dissuasion israélienne dans la région.

  
  Diplomatie

 
   Amir Peretz prend au sérieux les analyses des renseignements militaires sur les ouvertures diplomatiques en provenance de Syrie. Le ministre de la Défense a estimé qu’il ne fallait pas rejeter a priori les appels des responsables syriens à entamer des négociations de paix avec Israël.

  
  Politique


-   Ofir Pinès se présente à la course pour la tête du parti Travailliste. Le député qui avait quitté le gouvernement pour protester contre l’entrée du parlementaire nationaliste Avigdor Lieberman, a affirmé qu’il briguerait en mai prochain la succession d’Amir Peretz, qu’il accuse d’avoir failli à sa tâche.
 
- 3 députés de la coalition, deux travaillistes et un élu du parti des Retraités, menacent de voter contre le Budget aujourd’hui à la Knesset pour protester contre les coupes prévues sur plusieurs subventions sociales. Mais la défection des trois élus ne devrait pas remettre en cause le passage de la Loi de Finances 2007 qui est déjà assurée d’obtenir la majorité.

  
  Economie


   L’industrie militaire israélienne au 5e rang mondial en termes d’exportation. En 2006, ses ventes à l’étranger ont totalisé 4 milliards 400 millions de dollars, le meilleur résultat de son histoire. Avec 80% de sa production exportée, l’industrie militaire d’Israël se place derrière celle des Etats-Unis, de la Russie, de la France et de la Grande Bretagne. Depuis six ans, les principales firmes israéliennes se sont implantées sur le marché américain, où leurs ventes annuelles ont atteint le milliard de dollars.

  
  Justice


-   Soupçons de corruption sur l’administration fiscale : Plus d’une vingtaine de témoins, hauts fonctionnaires de la Direction des Impôts et hommes d’affaires, ont été entendus par la brigade de répression des fraudes. Le directeur de l’administration fiscale, Jacky Matsa, a été maintenu en garde à vue ainsi qu’une dizaine d’autres suspects. La directrice de cabinet du Premier ministre, Shula Zaken, a été placée pour dix jours en résidence surveillée. La police les soupçonne d’agissements illicites et notamment d’avoir favorisé la nomination d’inspecteurs du fisc conciliants qui, en échange de leur promotion, auraient été disposés à accorder des abattements fiscaux à certains entrepreneurs. Les enquêteurs restent néanmoins prudents car jusqu’à présent leurs soupçons sont exclusivement fondés sur des enregistrements d’écoutes téléphoniques.