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A LA UNE |
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Rapport Winograd : Olmert soulagé,
Tsahal accablé
Les conclusions de la Commission d'enquête sur la 2e guerre du Liban ont
été moins sévères que prévu à l'égard du Premier ministre, mais
constatent que l'armée n'a pas rempli sa mission.
"Nous
considérons la guerre comme une grave occasion manquée. Israël s'est
engagé dans un long conflit, qu'il avait lancé mais qu'il n'a pas
remporté de façon claire du point de vue militaire. Une organisation
paramilitaire de quelques milliers d'hommes a fait face pendant
plusieurs semaines à l'armée la plus puissante du Proche-Orient, qui
avait pour elle une supériorité aérienne absolue, et l'avantage de la
technologie. Les tirs du Hezbollah contre le territoire israélien ont
continué pendant toute la guerre, et Tsahal n'a pas fourni de riposte
efficace" a déclaré le juge Eliahou Winograd en ouverture de sa
conférence de presse.
Le président de la Commission a été encore plus loin dans sa critique
des forces de sécurité israéliennes. "Tsahal a échoué, principalement au
niveau du commandement supérieur et des forces terrestres, à répondre de
façon satisfaisante au défi posé par la guerre du Liban, et ce faisant,
a privé le pouvoir politique d'un résultat militaire qui aurait pu lui
servir de base à une action diplomatique. Cette responsabilité incombe
largement à Tsahal, mais le pouvoir politique en détient également une
part en ce qui concerne le manque d'adéquation entre le mode opératoire
et les objectifs (de la guerre)".
La Commission nommée par le Premier ministre sous la pression de
l'opinion publique quelques semaines après la fin du conflit, avait déjà
rendu le 30 avril dernier un rapport intérimaire, qui s'était concentré
sur les cinq premiers jours de la guerre, assorti d'une étude des
événements qui s'étaient déroulés entre la sortie de Tsahal du sud-Liban
en mai 2000, et l'enlèvement par le Hezbollah le 12 juillet 2006 des
deux réservistes Eldad Reguev et Ehud Goldwasser, capture qui avait
déclenché la riposte israélienne. Ce premier document avait désigné
nommément trois responsables : le chef du gouvernement, le ministre de
la Défense, et le chef d'état-major de Tsahal.
Ce second compte-rendu des travaux de la Commission concerne la suite de
la guerre jusqu'à l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, au matin du 14
août 2006, et plus particulièrement le lancement de l'offensive
terrestre, soixante heures avant la fin des combats.
Or, sur ce point précis, Eliahou Winograd et ses pairs sont arrivés à la
conclusion que la décision de mener cette offensive était devenue
"pratiquement obligatoire", et qu'elle avait donné à Israël la
flexibilité diplomatique et militaire dont il avait besoin, bien que les
résultats escomptés n'aient pas été obtenus.
Les juges se sont en revanche abstenus de présenter des recommandations
ou des remarques d'ordre personnel, puisque la Haute cour de Justice
avait établi qu'elle n'en avait pas la compétence. Le président de la
Commission d'enquête a donc indiqué que son travail s'achevait avec la
présentation de son rapport, et que ses éventuelles répercussions
appartenaient désormais au débat public.
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La prise de décision |
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La Commission Winograd relève que le pouvoir politique a
été trop lent à trancher sur une situation dont il avait pris
l'initiative. En décidant de riposter comme il l'a fait après
l'enlèvement des deux réservistes de Tsahal, le gouvernement israélien
ne se laissait que deux options : une frappe rapide et forte contre le
Hezbollah, ou une offensive terrestre d'envergure avec une réoccupation
temporaire du sud-Liban, jusqu'à l'éviction des milices chiites.
Les juges ont ainsi critiqué l'absence de tout débat sérieux sur ces
options, alors même que le conflit s'enlisait au fil des semaines. "Nous
avons trouvé de graves carences dans le processus de décision, tant sur
le plan militaire, que sur le plan politique" a affirmé Eliahou Winograd. |
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L'offensive terrestre |
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C'est seulement au 29e jour de la guerre que le
cabinet de sécurité s'est résolu à autoriser une offensive terrestre.
"La décision était difficile, et son prix a été douloureux" a rappelé le
président de la Commission, qui a toutefois estimé que l'action avait
été décidée sur la base des informations dont disposaient à ce moment
les membres du gouvernement.
Trente trois soldats de Tsahal avaient été tués au cours de l'opération
qui s'est achevée avec l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. |
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L'organisation de l'armée |
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Jusqu'à la première semaine du mois d'août, l'armée n'était
pas préparée à lancer une offensive terrestre. Ces faiblesses, dues à un
manque d'organisation et de planification stratégique, sont bien
antérieures au déclenchement du conflit de l'été 2006. L'armée de terre
a principalement été épinglée par le rapport, qui a en revanche salué le
travail accompli par l'aviation, et par la marine qui a maintenu le
blocus des côtes libanaises jusqu'à la fin du conflit.
Mais la Commission Winograd a rendu hommage aux soldats sur le terrain,
à leur courage et leur détermination, et salué leurs nombreux actes de
bravoure. |
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Conséquences politiques |
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Le Premier ministre israélien, qui redoutait des
conclusions beaucoup plus sévères, a fait savoir par ses proches
conseillers, qu'il n'avait aucune intention de démissionner. Le chef du
gouvernement craignait surtout d'être désigné comme responsable de la
dernière action de Tsahal, et de son prix en vies humaines, alors qu'une
telle accusation aurait pu être fatale à sa carrière politique. Le fait
que le blâme repose essentiellement sur le commandement militaire
devrait lui permettre de désamorcer la campagne de l'opposition. Pour la
même raison, Ehud Barak devrait pouvoir justifier auprès des
Travaillistes leur maintien dans la coalition.
Les réservistes et les familles endeuillées qui avaient mené campagne
pour la démission d'Ehud Olmert, se sont déclarés déçus par les
conclusions de la Commission d'enquête. Réunis devant la résidence du
ministre de la Défense, ils ont rappelé à Ehud Barak sa promesse de
quitter la coalition après la publication du rapport.
Selon un premier sondage publié par la 2e chaîne de télévision, 56% des
Israéliens estiment qu'Ehud Olmert doit quitter son poste. |
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Sécurité |
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- Cinq terroristes palestiniens, portant des ceintures
d'explosifs, ont été appréhendés par les forces de sécurité égyptiennes
au cours de ces derniers jours. Selon le quotidien cairote Al-Ahram, ces
miliciens, entrés en Egypte à la faveur des brèches pratiquées par le
Hamas dans le mur de séparation entre Gaza et le Sinaï, projetaient de
passer en Israël pour y perpétrer des attaques suicide. D'autres
Palestiniens auraient été arrêtés en possession de plans de la frontière
israélo-égyptienne.
- Une centaine de camions, dont soixante dix chargés de blé,
ont été autorisés par Tsahal à entrer dans la bande de Gaza, pour
prévenir des risques de pénurie dans le territoire palestinien.
- Mahmoud Abbas a été reçu au Caire par Hosni Moubarak pour
discuter de la situation dans les territoires autonomes, et celle à la
frontière égyptienne avec le Sinaï. "L'Autorité Palestinienne est
engagée par les accords existants sur le contrôle des terminaux
frontaliers, et personne n'a compétence pour les modifier" a déclaré le
président palestinien, qui a refusé toute discussion avec le mouvement
islamiste tant que ne serait pas restauré le pouvoir de l'A.P à Gaza.
Khaled Meshaal, le chef du bureau politique du Hamas, a lui aussi
rencontré le Président égyptien, et averti qu'il n'accepterait pas de
renoncer au contrôle des points de passage. |
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Israelinfos.net vous souhaite une agréable journée.
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