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 5 Av 5766  30.07.2006       POUR VOUS ABONNER

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EDITION SPECIALE : AEROPORT BEN-GOURION, LE 25 JUILLET 2006 ...

  

LES PHOTOS

   Orly 5h55 :  Une famille décharge ses bagages ...

    En attente d'enregistrement

 

  

 Un couple de retraités : Ils partent à Natanyah en laissant leurs trois enfants et leur famille.

Nos confrères journalistes venus couvrir l'évènement :
Ivan Levaï (à gauche) et Daniel Haïk (à droite)

Distribution de bouteilles d'eau par l'équipe ISROFLY

Le Jumbo de la Aliyah

En prières dans l'avion ...

A gauche, David Roche, Directeur de l'Agence Juive en France, et à droite Avi Zana,Directeur AMI Israël.


Les premiers olim descendent de l'avion

Un grand panneau accueillant, derrière l'estrade

Shalom Wach & Emmanuel Shieber - Agence Juive

Ivan Levaï de Tribune Juive et Lalie Derai d'Arouts7

Sam Kadous, Directeur du Centre National des Etudiants Francophones

 

Une Aliyah historique en provenance de France

 
 

Envoyé spécial Israelinfos à Paris : Jacques Bloemhof.
Accueil des Olim de Marseille à l’aéroport Ben Gourion : Michaël Blum
 


Affrété pour l’Agence Juive par les compagnies Isrofly et Israir, un Jumbo 747 en provenance de Paris, au bord duquel se trouvaient 550 Olim français, s’est posé ce mardi 25 Juillet vers 16h30 à l'aéroport de Tel-Aviv.
Il suivait de quelques heures un autre avion ayant débarqué 120 immigrants supplémentaires venant de Marseille...

Dès 6 heures ce même matin, un inhabituel afflux massif de voyageurs se déverse sur l’aéroport d’Orly Sud en région parisienne. Leur objectif : Réaliser un rêve, celui de monter en Israël.

Malgré l’heure matinale, adultes et enfants sont bien réveillés et une fébrilité bon enfant est de rigueur, malgré l’émotion qui peut se lire sur certains visages.
Tout quitter, situation, parents et amis pour s’envoler vers la terre promise n’est probablement pas chose simple pour tout le monde.

Voitures privées et taxis débarquent sans répit des centaines de voyageurs,  et d’interminables files de chariots surchargés de bagages s’allongent sans cesse ...
On se reconnaît, les amis se saluent, s’embrassent, plaisantent, et chacun vérifie pour la énième fois qu’il a bien tous les documents nécessaires à l’embarquement et aux formalités de la Aliyah.
Les portables sonnent continuellement, ajoutant encore au brouhaha ambiant. Probablement des amis et des membres de la famille n'ayant pu accompagner leurs proches pour le grand départ, et qui veulent à nouveau, au dernier moment, souhaiter aux Olim un bon voyage et une Aliyah réussie …

Les accompagnateurs de l’Agence Juive et d’AMI (Aliya et Meilleure Intégration) sont partout. Les flashes des photographes crépitent et les micros des journalistes sont déjà ouverts pour  recueillir les premières impressions de ces voyageurs "spéciaux". 

Le silence se fait soudain. Mr David Roche, Directeur de l’agence Juive en France informe les voyageurs, qu’un problème imprévu vient de survenir. Le poids autorisé des bagages doit obligatoirement être réduit : Sur les 75 kilos prévus pour chaque personne, seuls 35 pourront être embarqués.
Le mécontentement légitime des Olim sera de courte durée et ne réussira à altérer la bonne humeur des passagers que pendant quelques instants. D’autant que l’Agence Juive et ISROFLY se sont engagés à livrer au domicile de chacune des familles où qu’elles se trouvent en Israël, 24 heures plus tard, les valises en excédent (au total près de 20 tonnes !) qui partiront sur un autre vol.

Nous commençons alors à interroger quelques personnes en attente d’enregistrement : Pourquoi partez-vous vous installer en Israël ? Dans quelle ville allez vous habiter ? Parlez-vous déjà l’hébreu ? Laissez-vous de la famille derrière vous ? Etes vous inquiets pour la recherche d'un travail ? Avez-vous peur de la situation de guerre dans le nord du pays ?
Bien sûr les réponses seront différentes selon le profil des personnes interrogées.
Les jeunes quittent la France pour forger leur avenir dans le seul endroit au monde qu’ils disent savoir être le leur. Ils ont souvent étudié dans des écoles juives et possèdent déjà des rudiments d’hébreu. Beaucoup d’entre eux vont poursuivre leurs études après le baccalauréat dans différents établissements universitaires israéliens.
Les personnes âgées vont prendre leur retraite en Israël et souvent rejoindre des enfants déjà montés quelques années plus tôt. Parfois aussi, les précéder.
Quant aux familles, beaucoup nous avouent que ce choix leur est presque imposé par la difficulté d’assumer leur judaïsme en France et l’inquiétude pour l’avenir de leur progéniture.
Ils apprendront l’hébreu à l’oulpan et chercheront du travail, souvent prêts à tout recommencer …

Non, aucun n’a peur de la guerre ! Quelques Olim vont même s’installer directement à Haifa et à Akko, victimes répétées des tragiques bombardements du Hezbollah de ces dernières semaines. Les autres ont choisi principalement Jérusalem, Tel-aviv, Asdod ou Natanyah.

L’enregistrement des 550 passagers bat maintenant son plein, mais prendra quand même quelques bonnes heures, avant que tous les voyageurs ne puissent finalement prendre leur place bien méritée dans l’avion.

Isrofly fait distribuer à chacun des bouteilles d’eau minérale (il fait déjà bien chaud à Paris, vers 9 heures du matin) et l’Agence Juive des sacs contenant des T-shirts ainsi que des petits gadgets frappés à son effigie, accompagnés de l’indispensable premier manuel d’hébreu.

Muni de la carte d’embarquement convoitée, il faut maintenant quitter sa maman, son papa, des frères et sœurs ou des enfants et des amis venu en accompagnateurs. Ces ultimes séparations sont particulièrement émouvantes, ponctuées de longues étreintes souvent accompagnées de larmes et de gestes d’adieu jusqu’à la disparition du champ visuel, de tout ces proches …

Après les derniers contrôles de sécurité, les voyageurs prennent place dans les salons d'attente jusqu'à ce que l’embarquement soit annoncé... Ce qui arrive enfin, au grand soulagement de tous.
Les premiers voyageurs s’engouffrent dans le ventre de l’immense Jumbo dont les moteurs ronronnent déjà…

 

 

4 étudiantes dans les salons d'embarquement

 Les enfants se sont endormi ...

   
   En vol vers Israël
 

Les quatre heures de vol vers Tel-Aviv vont passer très vite, pendant lesquelles les orateurs se succéderont au micro.

Dès que les ceintures de sécurité peuvent être détachées, Monsieur David Roche, directeur de l'Agence Juive en France prend la parole le premier, débutant son discours par une bénédiction :

"Sheheh'iyanou Vekiyemanou Vehigiyanou Lazeman Hazé" (Béni soit Celui qui nous a fait vivre les temps présents), auquel le public  répond par un "AMEN" retentissant.
Présentant ses excuses pour le retard et le problème des bagages, David Roche demande que rien ne vienne gâcher cette grande fête de la Aliyah, moment qu'il n'hésite pas à qualifier d'historique pour les nouveaux Olim :
"Faire son Aliyah dans des moments de guerre, maintenir cette décision jusqu'au bout, représente une énorme contribution à la sécurité d'Israël. Vous manifestez ainsi une très grande preuve de confiance, d'amour et de fidélité envers Israël. Rien ni personne ne pourra empêcher le rassemblement  du peuple juif sur sa terre. Je suis admiratif devant vous tous."
Il a ensuite indiqué que le Premier Ministre Ehud Olmert, qui accueillerait l'avion de Marseille, ne pourrait, à cause du retard, être présent lors de leur arrivée mais qu'un comité d'accueil avec de nombreuses personnalités les attendait pour une grande cérémonie de bienvenue.
Sous les applaudissements des voyageurs il a conclu  :"Le coeur de tous les citoyens d'Israël est avec vous. On vous aime et on vous attend !".

Pas moins de 17 poussettes d'enfants ont été embarquées pour les plus jeunes passagers ...


C'est Avi Zana, Directeur d'AMI en Israël qui prend ensuite le micro :

"Berouh'im Habahim Lekoulam ! (Bienvenue à vous tous).
Sur l'instant, nous ne nous rendons pas toujours très bien compte de l'importance des moments que nous vivons.  En tant qu'accompagnateur de la Aliyah de France depuis de très nombreuses années je peux vous dire qu'il s'agit là d'une expérience extraordinaire, et que ce 25 juillet 2006 est une date importante dans l'histoire de la communauté juive de France et d'Israël.
Nous allons maintenant vous accompagner pendant tout ce vol. Vous savez qu'AMI est aussi présent pour vous suivre en Israël et il est très important de garder le contact avec nous. Le 1er service, nous vous l'avions promis, vous allez le recevoir à bord. Dans quelques minutes, des fonctionnaires du ministère de l'intérieur israélien vont passer parmi vous pour vous faire remplir les formulaires de demande de votre Téoudat Zéout (carte d'identité israélienne), ce qui vous évitera de faire ces démarches à votre arrivée.
Nessiyah Tova (Bon voyage) et à tout à l'heure."

Avi Zana nous confirme ensuite qu'avec 120 olim de Marseille et  550 en partance de Paris, il s'agit là du départ le plus important qu'il n'y ait jamais eu à partir d'un pays occidental depuis la création de l'état d'Israël. "C'est une très grosse opération, et la France est devenue aujourd'hui le premier pays en terme de Aliyah, en pourcentage et même en valeur absolue".
AMI, qui est le coorganisateur des vols,  suit d'abord tous les candidats à l'immigration à partir de la France, et les accompagne surtout après, en Israël, où un système d'assistance financière et portant sur de nombreux aspects concernant l'intégration effective des Olim, est en place.
"Dans ce vol, les 4/5 des personnes viennent de Paris et de la région parisienne et nous avons également une trentaine de  Lyonnais. La plupart d'entre eux vont à Jérusalem, Ashdod et Natanyah et nous avons aussi des quelques familles qui vont s'installer dans le sud du pays. D'autres encore vont à Akko et Carmiel, dans le nord. A ces derniers, nous allons proposer une solution intermédiaire, pour ceux qui le veulent. Certains ont toutefois choisi d'aller s'installer directement sur place alors que d'autres iront d'abord en famille en attendant que la situation se calme un peu. En tout cas, personne d'entre eux n'a annulé son voyage, ce qui prouve vraiment qu'ils vibrent à l'unisson".
Quelques instants plus tard la Tefilat Hadereh' (Bénédiction de bonne route) sera récitée par le rabbin de la communauté de Passy.

Après le repas, cédant à la fatigue, de nombreux passagers s'endorment, alors que l'avion poursuit impassiblement sa route vers la terre promise, à quelques 900 Km à l'heure ...
 

   Un Jumbo en terre sainte


Les côtes de Tel-Aviv se profilent déjà par les hublots ...
"
Nous amorçons la descente vers l'aéroport de Lod. Vous êtes priés de rejoindre vos sièges, de redresser la tablette se trouvant devant vous et de boucler vos ceintures de sécurité" annonce le capitaine d'équipage.

Quelques minutes plus tard,
sous une longue salve d'applaudissements et un tonitruant EVENOU SHALOM ALEH'EM entonné en coeur par tous les passagers, l'avion se pose en douceur sur la piste d'atterrissage de Ben Gourion.

Les Olim enfilent rapidement le T-shirt aux couleurs de la Soh'nout et mettent la casquette offerte par AMI, puis récupèrent tous leurs effets des coffres à bagages,  en attendant fébrilement l'ouverture des portes.

Au sol, une équipe de caméramans et de journalistes, des membres de l'Unifan, de l'Agence Juive, d'AMI ainsi que de nombreuses personnalités sont là, dans la chaleur estivale de Tel-aviv, pour être les premiers à souhaiter la bienvenue aux immigrants.
Sous les applaudissements enthousiastes du comité d'accueil, les premiers Olim commencent à descendre de l'avion, brandissant les petits drapeaux d'Israël qu'on leur a remis en haut de la passerelle, puis se dirigent vers les autobus climatisés qui vont les conduire vers une grande salle de réception.

C'est Monsieur Pierre Besnaisnou, fondateur d'AMI et président du FSJU,  en tête de la délégation officielle, qui reçoit le premier Olé à entrer dans la salle : Un petit garçon ... qu'il prend spontanément dans les bras.
Avant de prendre place pour la cérémonie qui les attend, les voyageurs profitent d'un copieux buffet composé de boissons fraîches, de pâtisseries et de beaux fruits d'Israël.

Que la fête commence !
Le chanteur Avihou Médina, accueille immédiatement les immigrants en interprétant  quelques une de ses plus belles chansons. Le premier titre, symbolique, s'intitule "Al tira Israël" (N'aie pas peur Israël) que le public, enchanté et ému, saluera par de longs applaudissements.
 

 Arrivée dans la salle de réception

Pierre Besnainou avec un petit Olé dans les bras ...

 


"Béni sois tu lorsque tu sors, et béni sois tu lorsque tu rentres"

Le Grand Rabbin David Messas

Avi Pazner

Pierre Besnainou

Zeev Bielski

Gil Taieb

 Le public debout entonne l'Hatikvah

 Contrôle des passeports

Spécialement traduit en Français ...


Les voyageurs prennent enfin place et le silence se fait pour le grand Rabbin de Paris, David Messas, qui ouvre la série des discours :
"Barouh' Ata Betseteh'a, Oubaroukh' Ata Bebevohah'a. Béni sois tu lorsque tu sors, et béni sois tu lorsque tu rentres. Quelle sortie est plus grande que celle de quitter le pays natal, ou le pays d'adoption où vous avez vécu pendant des années, pour rentrer à la maison ? Nous avons fait à Paris une soirée mémorable, exceptionnelle, pour dire au revoir à tous les olim de Paris,  qui sont arrivés avec un peu de retard, certes, mais qui sont accueillis avec grand plaisir. Mes chers amis, Israéliens et autres, ne croyez pas que c'est une génération spontanée qui arrive. On trouve 650 olim... et ils arrivent! Ce n'est pas simplement en leur disant : "Faites votre Aliya", qu'ils arrivent. Mr le président de l'Aliyah et de l'agence juive : C'est le fruit de 40 années de travail que nous avons réalisé en France qui fait qu'aujourd'hui il y a 650 olim auxquels viendront s'ajouter prochainement 350 autres personnes. Nous avons transmis l'amour d'Israël dans nos écoles, l'amour d'Israël dans nos synagogues. Le consistoire, c'est aujourd'hui l'agence  d'Israël à Paris".
Sous les applaudissements du public le Grand rabbin a poursuivi :
"Mon cher président Joel Merguy (Président du Consistoire NDLR), avec toi aujourd'hui, nous allons si D.ieu veut, développer d'avantage cet esprit d'attachement à Israël, cet esprit qui fait que chaque juif doit savoir que s'il veut se réaliser complètement sur le plan juif, quelque soit le judaïsme de Halakh'a (loi juive) qu'il a choisi,  nous sommes derrière lui, a côté de lui, pour le soutenir et lui montrer que la plus belle réalisation c'est de vivre cette épopée extraordinaire qu'est Israël.
Barouh' Ata Betseteh'a : Nous l'avons dit ce soir là à la Victoire, dans ce lieu symbolique qu'est la plus grande synagogue de France, dans la joie et aussi avec des larmes, puisque c'est un moment difficile que le peuple juif vit, moment angoissant mais que nous vivons toujours confiants en l'avenir. Maintenant : Baroukh' Ata Bevoheh'a !
Celui qui doit vous bénir aujourd'hui, ce n'est pas le Grand Rabbin de Paris, c'est le Grand Rabbin d'Israël. Normalement c'est lui qui reçoit, mais je suis sûr qu'il me fait son messager pour vous dire Barouh' Ata Bevoeh'a. Vous ne savez pas quelle joie extraordinaire doit être pour vous de venir ici fouler la terre d'israel. Quand le ramban (Nah'manide) est arrivé en Israël il a embrassé la terre et a pleuré pendant de longues heures. C'est cette bénédiction que je voudrais vous donner aujourd'hui. Que vous soyez bénis, que D.ieu vous soutienne dans toutes vos actions.
La guerre qu'Israël mène aujourd'hui est double : Le 1er général d'Israël qui a fait la guerre contre Amalek etait Yeoshoua et Tsahal de l'époque n'a pas fait la guerre tout seul. Il avait à ses côté Moshé Rabenou qui lorsqu'il levait les mains, faisait gagner l'armée. Les yeux tournés vers le ciel, Israël remportait la victoire.
Deux choses accompagnent le peuple juif , la guerre qu'il faut faire avec la stratégie la plus élaborée, et qui doit être accompagnée de la prière qui sort du coeur de chaque juif. C'est cette prière que nous allons partager avec vous aujourd'hui pour la réussite d'israel, pour la réussite de chaque israélien, pour la réussite de toutes les familles qui se trouvent ici aujourd'hui. Qu'il sachent qu'ils sont en train de réaliser l'idéal le plus beau qui existe dans leur vie, celui de vivre en Erets Israël, d'y vivre avec leurs enfants.
C'est une bénédiction pour vous et pour la communauté toute entière : Beroukhim Habahim ! Am Israel HAI !

Avi Pazner, porte parole du gouvernement, monte à son tour sur l'estrade :
"Bienvenue chez vous en Israël ! Nous vous accueillons le coeur ouvert, les bras ouverts, car vous êtes venus justement maintenant en ces journées où Israël, encore une fois, se bat pour assurer son existence dans cette partie du monde, et aujourd'hui vous êtes un apport important à notre combat. Merci !
Les applaudissements se calment, et Avi Pazner peut continuer :
"Cela fait longtemps que je connais la belle communauté juive de France, et c'est pour moi un jour heureux que celui d'aujourd'hui où je peux vous accueillir. Je vous ai connu lorsque j'étais ambassadeur , je vous ai connu quand je venais en tant que Président du Keren Hayessod, et maintenant j'ai le plaisir, au nom du Gouvernement  d'Israël, de vous souhaiter la bienvenue. Tout à l'heure, nous avions avec nous, Mr Ehud Olmert, Premier ministre d'Israël, qui tenait à vous accueillir. Malheureusement votre avion a été un peu retardé ce qui fait que les marseillais, pour la première fois de leur histoire, sont arrivés plus vite que les parisiens !" . 
Poursuivant sous les rires, l'orateur déclare encore :
"En son nom et au nom des ministres qui étaient  présents :  Zeev Boim et Elie Yshay, nous sommes heureux de vous accueillir. Je voudrais aussi vous dire une autre chose : Quelqu'un a dit tout a l'heure qu'il fallait du courage pour venir en Israël maintenant. Moi je crois, que ce n'est pas vrai. C'est une  sagesse d'être avec nous, à nos côtés dans cette période, lorsque Tsahal remportera dans les prochains jour, dans les prochaines semaines, une autre victoire éclatante sur le terrorisme. Vous ferez déjà partie  de cette victoire,  et vous pourrez dire à vos enfants que vous êtes venus justement en ces jours pour témoigner de la profondeur de votre amour et de votre attachement à Israël.
J'aimerais saluer ici les personnalités présentes, Mr le Gd rabbin de Paris, David Messas, Le Président de l'agence juive, mon ami Zeev Bielski,  Le président d'AMI, Mr Pierre Besnainou, qui a rendu possible cette Aliyah, Gilles Taieb, David Roche et  tous ceux qui ont participé à cette belle aventure.
Et c'est pour moi un moment de grande émotion personnelle parce qu'il y a 53 ans, Le 25 juillet 1953 j'arrivais moi aussi comme jeune garçon pour faire mon Aliyah en Israël. Je n'ai pas été accueilli par le Premier ministre d'Israël, je n'ai pas été accueilli par le grand Rabbin,  ni d'Israël ni de Paris, ni par le Président de l'Agence Juive, mais je me rappelle que quand je suis arrivé au port de Haifa, un agent de police m'a donné une barre de chocolat, ce qui était chose rare en Israël en 1953, et il m'a dit : "Ecoute, nous t'aimons parce que tu es venu te joindre a nous". Et  je vous dit, nous vous aimons parce que vous êtes venus vous joindre à nous et partager ensemble cette aventure exaltante qui s'appelle Israël . Merci et Berouh'im Habahim !"

A la fin des applaudissements, c'est Monsieur Pierre Besnaisou qui s'approche du micro :
"Ce voyage a pour moi une symbolique particulière très forte. Il y a 2 ans nous étions déjà là et le Premier ministre  de l'Etat d'Israël en son temps, Mr Ariel Sharon, disait aux juifs de France : "Venez vite ! Rentrez dans votre pays !" Je suis convaincu que de là où il est, c'est un dernier clin d'oeil qu'il donne au monde. C'est un clin d'oeil dans lequel il dit : Vous pouvez vivre dans un beau pays où le gouvernement lutte contre l'antisémitisme, mais votre pays c'est ici. Et ce symbole est d'une force absolument extraordinaire, parce que vous arrivez à un moment où c'est la guerre, où il y a une guerre contre le terrorisme, contre le Hezbollah. J'étais hier à la frontière libanaise, et je voudrais simplement dire aux familles qui iront à  Haifa et à AKKO tout à l'heure, mon admiration pour leur courage de vouloir continuer a réaliser ce rêve. Je voudrais vous dire, à vous tous, merci. Merci de me donner la chance, le bonheur et la fierté de partager ce moment tout à fait exceptionnel de votre vie, ce moment tout à fait exceptionnel pour l'Etat d'Israël, parce que vous donnez une leçon au monde, au terrorisme du Hezbollah, à ce petit Hitler qu'est le président Ahmadinejad, le président iranien  qui disait hier aux israéliens : "Faites vos bagages !".  Et vous lui donnez une leçon, vous tous ici, en lui montrant que nous serons de plus en plus nombreux à venir dans l'Etat d'Israël, notre Etat. Une leçon à Nasrallah qui se cache, qui se terre, et à qui vous montrez qu'il ne nous fait pas peur ! Il ne fait peur a personne d'entre nous ! Vous dire encore une fois, merci de nous donner la chance de partager avec vous, ces moments.
Bonne chance, soyez heureux dans ce merveilleux  pays, soyez heureux avec cet Etat qui est tellement fier  de vous accueillir  et je veux vous dire,  peut-être avec beaucoup de prétention de ma part, au nom de tous les juifs du monde entier, que vous êtes notre fierté. Merci".
Sous un tonnerre d'applaudissements, Pierre Besnainou cède sa place à Mr. Zeev Bielsky, Président de l'agence juive qui, accompagné d'un traducteur, s'exprime en hébreu :

" Shalom ! Shalom Lekoulam ! Shalom, Ma Nichma ? (Bonjour ! Bonjour à Tous ! Bonjour, Comment allez-vous ?)
Bienvenue en israel ! Nous à l'Agence Juive, vous aimons de tout notre coeur. C'est pour nous aujourd'hui un jour très important que vous soyez venus pour être citoyens de l'Etat d'Israël. Il est fort dommage que nous ne puissions amener ici Nasrallah pour qu'il voit la réponse juive, la réponse sioniste aux missiles qu'il envoie. L'Etat d'Israël n'est pas seulement un lieu géographique, c'est notre maison !
Je voudrais remercier particulièrement, du fond du cœur, un homme ici présent : Un homme qui consacre sa vie entière  à la Aliyah et à l'Etat d'Israël. Un homme qui a monté une  organisation, qui ensemble avec l'Agence Juive, emmène beaucoup plus de Olim que les années passées. Cet homme c'est Mr Pierre Besnainou.
Pierre, je veux te dire sincèrement, que nous avons beaucoup d'estime et d'admiration pour ce que tu fais, ni pour de l'argent ni pour l'honneur, mais du fond du coeur. C'est pour moi un grand honneur d'être président de l'Agence Juive qui travaille avec toi comme président d'AMI. Merci à toi, merci à vous, et bonne chance ! ".

C'est Gil Taieb, directeur d'AMI qui conclura l'émouvante cérémonie d'accueil :
"Chers amis, je pense que vous avez entendu déjà beaucoup de belles paroles. Je voudrais simplement vous dire, et à travers vous m'adresser à tous les responsables qui sont encore en France, combien nous sommes fiers de vous voir, vous, des familles avec des jeunes enfants qui allez pouvoir parler hébreu là où vous voulez, vivre en tant que juif comme vous le voulez, circuler dans les rues de tout le pays, la kippa sur la tête si vous l'avez choisi. En France, nous avons malheureusement  parfois eu tendance à vous dire de la cacher. Nous avons fait une erreur, nous continuons à la faire, et la seule réponse pour nous c'est de voir progressivement tous les juifs vivre fiers sur leur terre, ici en Israël. Dire haut et fort combien ils sont juifs, combien ils sont fiers, combien ils aiment israel. AMEN !!! Mazal Tov à vous et plein de réussite !".

Le public s'est alors levé pour entonner en coeur l'Hatikvah, hymne national d'Israël, avant de rejoindre les autobus qui allaient les conduire vers le terminal 3 de l'aéroport.

Après avoir passé le contrôle des frontières, récupéré leurs bagages et fini, pour certains, les formalités d'Aliyah, les Olim sont partis vers leur nouveaux foyers...
 
 
 LE PREMIER AVION DE MARSEILLE    Par Michaël Blum


Arrivé quelques heures plus tôt, le Premier ministre Ehud Olmert est entré dans la salle sous les applaudissements de la foule. Le Grand Rabbin d’Israël Shlomo Amar qui prend le premier la parole déclare : «Nous vivons un jour important pour le peuple juif qui montre sa grandeur…Nos ennemis ne briseront jamais notre esprit…L’arrivée d’Olim nous renforce tous».
Puis, il coupe un bout d’une Hala sucrée qu’il trempe dans le sel et demande au Premier ministre de faire la bénédiction avant d’en distribuer aux Olim, comme le veut la coutume d’accueil des nouveaux arrivés.
Olmert la tête recouverte d’une kippa prononce la bénédiction puis s’adresse aux nouveaux immigrants :
«C’est émouvant de vous accueillir durant cette période difficile… Il n’y a pas d’endroit plus sécurisé qu’Israël pour les juifs, et vous le savez …votre intégration  sera difficile, mais sachez que le peuple israélien vous aime»
«Nous avons une arme secrète contre les missiles de nos ennemis: Le peuple juif qui aime sa terre et qui est prêt à faire son Aliyah… Nous allons vaincre nos ennemis, cela prendra le temps qu’il faudra, mais nous allons gagner… » Puis il serre les mains de la famille Gabriel à qui il souhaite personnellement bonne chance.
Les Gabriel sont venus avec leurs quatre enfants pour s’installer à Jérusalem.
Eliahou, le père de famille raconte son émotion à Israelinfos : «Cet accueil est magnifique, nous n’étions pas à notre place à Marseille, ici on est enfin à la maison » affirme-t-il.

Les discours se succèdent, le ministre de l’Intégration Zeev Boïm, celui de l’Industrie et du Commerce Elie Ishay, le président de l’exécutif de l’Agence juive,  Zeev Bielsky et Pierre Besnainou, président de AMI et du FSJU prennent successivement la parole. Ce dernier se confie à un groupe de journalistes : « J’ai une pensée pour Ariel Sharon, quand il y a deux ans,  il avait affirmé qu’il fallait revenir à la maison, et regardez, ils reviennent accompagnés des dirigeants de la communauté. C’est une véritable Aliyah de choix, c’est un grand moment pour nous tous ».
La veille, un groupe de 100 responsables de communautés et d‘associations étaient venus en voyage de solidarité et s‘étaient rendus dans le nord du pays pour apporter leur soutien aux populations victimes des tirs du Hezbollah. Ils sont aussi présents sur le tarmac de l’aéroport de Ben Gourion pour souhaiter la bienvenue à leurs Olim.

"Nous transportons sur nos lignes France-Israël des milliers de passagers tous les mois. Mais lorsqu'il s'agit de la Aliyah d'un nombre aussi important d'Olim, la satisfaction et l'émotion sont particulières" nous a déclaré Yoel Marciano, directeur d'ISROFLY, qui a affrété l'avion en provenance de Paris.