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Les agressions criminelles palestiniennes de ce 25 juin 2006 ont causé
la mort et sont à l'origine de l'enlèvement d'un soldat. Elles
prolongent dramatiquement les attaques ininterrompues par l'envoi de
roquettes qassam sur la ville de Sdérot depuis des semaines.
La barbarie systématique du palestinien à l'égard de son voisin
israélien conduit à s'interroger si la haine du juif est ou non
viscéralement et définitivement ancrée dans la conscience palestinienne.
En réalité, cette haine du voisin juif trouve sa source dans le projet
politique de la société palestinienne uniquement articulé sur l'éviction
des juifs de la terre de Palestine.
Les palestiniens naissent, grandissent, fondent des foyers, travaillent
(ou pas) mais structurent leur vie dans ce rêve de voir le peuple juif
disparaître du territoire qu'ils considèrent leur appartenir.
En fin de compte, le mécanisme est identique à celui qui a prévalu dans
les sociétés occidentales : la haine du juif est savamment distillée par
les institutions religieuses (I) ou étatiques (II).
I L'ANTISEMITISME DANS LE MESSAGE INSTITUTIONNEL RELIGIEUX
A sa naissance, l'individu voit sa personnalité structurée par la
société dans laquelle il grandit.
Or, parmi les modes de structuration de l'individu, figure la doctrine
religieuse dont le principal inconvénient tient à la source : la nature
transcendantale du texte interdit toute remise en cause.
Les juifs ont, de tout temps, été victime d'un message institutionnel
religieux les considérant comme le peuple déicide (A). Seule la remise
en cause récente de la doctrine a contribué au recul du phénomène même
s'il n'a pas totalement disparu (B).
A LA HAINE DU JUIF AU COURS DU MESSAGE RELIGIEUX
Les juifs sont, depuis le début de l'ère chrétienne, au centre d'un
message religieux qui leur est hostile.
Pour les chrétiens, Jésus, en tant que Messie, devait ramener la
création divine à l'état originairement souhaité et rétablir l'ordre
parmi le peuple juif (élu) pour le sauver de l'égarement dans lequel l'a
conduit son attitude pécheresse.
Jésus a été condamné à mort comme un criminel politique, mais, selon
l'orthodoxie chrétienne, a ressuscité d'entre les morts pour révéler sa
nature humaine et divine invitant chacun (dont les juifs) à devenir
membre de l'église.
L'inconvénient est né de ce qu'une partie de la communauté juive n'a pas
voulu reconnaître en Jésus le sauveur de l'humanité allant jusqu'à
endosser la responsabilité de sa mort.
En effet, en se lavant les mains, Pilate n'a pas voulu se reconnaître
responsable de la mort de Jésus et s'est adressé au pharisiens dans ces
termes « je ne suis pas responsable de ce sang, à vous de voir ».
Or, dans l'évangile selon Matthieu (27,25) les pharisiens qui se
tenaient dans le prétoire de Pilate, ont demandé à que le sang de jésus
retombe sur leur tête et celle de leurs enfants : « son sang sur nous et
sur nos enfants ».
Ce propos a été interprété comme une reconnaissance par les juifs, de la
responsabilité de la mort de Jésus, tant pour eux que pour l'ensemble de
leur descendance faisant d'eux, un peuple déicide.
En réalité, non seulement les juifs sont déicides mais leur incrédulité
les a conduit à refuser d'admettre l'annonce de la résurrection de Jésus
dans les trois jours de sa mort.
En effet, les juifs qui doutaient de la réalité de cette annonce, en ont
informé Pilate qui leur a suggéré de monter la garde autour de la
sépulture.
Or, les juifs iront jusqu'à poser des scellées sur la sépulture
(Matthieu 27, 62-67) de peur que ne se réalise la prophétie.
Plus grave, pour laisser entendre que le phénomène de la résurrection
relevait de la supercherie les juifs ont inventé une histoire de
corruption par l'argent des gardiens chargés de surveiller la sépulture.
Dans cette légende, les gardiens de la sépulture se seraient vus
suggérés par les juifs, de prétendre faussement que les disciples ont
emmené le corps (Matthieu 28, 11-15).
Ainsi, le peuple juif déicide et incrédule est à l'origine
d'institutions qui ont cristallisé la haine à son endroit et c'est bien
le message religieux insusceptible de discussion, inspirant la crainte
du ciel et emportant adhésion automatique des membres de la communauté,
qui a suscité la haine du juif.
C'est encore cette technique qui est employée au sein de la société
palestinienne.
Dans le Coran, les juifs sont attachés aux biens terrestres (sourate 2
,verset 94), ils sont condamnés à errer (sourate 5, verset 26) ils sont
injustes (sourate 28, verset 21) ils sont pervers avides cupides
(sourate 57.verset 27) ils ne croient qu'à partie de la Thora qui leur
conviennent (sourate 2 ; verset 84-85), ils ont une piètre opinion de
Dieu (sourate 5, verset 64) ils ont le cour endurci (sourate 2, verset
74), ils embrouillent les mots et calomnient la religion vraie (sourate
4 verset 46), il sont menteurs (sourate 5, verset 41)ils ne croient pas
aux prophètes et se lient aux mécréants (sourate 5, verset 76) ils sont
voués à la géhenne (sourate 5 verset41) et en attendant, ils doivent
prendre le statut de Dhimmi tenus de payer un impôt pour avoir renié les
signes de Dieu (sourate 3, verset 112).....
Les Palestiniens n'ont dès lors, d'autre choix que de haïr le juif venu
lui voler sa terre, et, entreprendra, conformément aux prescriptions de
la Charte du HAMAS, tout ce qui est en son pouvoir pour le déloger de la
Palestine, un peu comme si son message religieux le programmait
conformément à cette finalité.
B LA REMISE EN CAUSE DU STATUT DES JUIFS DANS LE MESSAGE RELIGIEUX
La transmission du message chrétien concernant les juifs au cours des
siècles a généré une suspicion systématique à leur égard, la
généralisation des actes antisémites et finalement la commission d'actes
inhumains pendant la seconde guerre mondiale.
Toutefois, la prise en compte par l'église de la gravité des dérapages
engendrés par l'interprétation du texte religieux a finalement conduit à
un repositionnement de la doctrine de l'Eglise pendant la période des
Conciles dits de Vatican II au cours des années 1962 à 1965.
Cette prise de position nouvelle, constitutive d'un véritable « mea
culpa » redéfinit la position de l'Eglise par rapport au peuple d'Israël
qu'elle n'est pas amenée à substituer mais à prolonger.
Ainsi, le Concile a rappelé que le lien spirituel du Peuple du Nouveau
Testament s'inscrivait dans le prolongement de la lignée d'Abraham et
que les prémices de la foi chrétienne trouvaient leur source dans le
message de Moises et des prophètes de l'Ancien Testament.
De la même manière, le Concile a souligné que le salut de l'Eglise était
lié à la sortie du Peuple d'Israël de la servitude en Égypte et
réaffirmé que la révélation de l'Ancien Testament l'avait été au peuple
d'Israël avec lequel Dieu avait conclu son alliance.
Si le Concile a posé que Jésus avait réconcilié les juifs et les non
juifs par sa croix (Rom., I l, 17-24), l'Eglise a confirmé garder en
mémoire les paroles de Paul « sur ceux de sa race à qui appartiennent
l'adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte,
les promesses et les patriarches, et de qui est né, selon la chair, le
Christ" (Romains, 9, 4-5).
Ainsi, l'Eglise reconnaît que c'est bien du peuple d'Israël que sont nés
ses fondements et ses colonnes.
Bien entendu, il est rappelé que Jérusalem n'a pas reconnu le temps où
elle était visitée (Lc, 19, 44) et que les juifs se sont opposés à la
diffusion ( Rom., 1 l, 28), mais que les Juifs restait très chers à Dieu
(Rom., 1 l,28-29).
Alors si l'Eglise attend le jour, connu de Dieu seul, où tous les
peuples invoqueront le Seigneur d'une seule voix et "le serviront sous
un même joug" (Is., 66, 23; Ps. 65, 4; Rom., 11, 11-32.) elle encourage
la connaissance et l'estime mutuelle et la poursuite d'un dialogue
fraternel.
En tout état de cause, les juifs n'ont plus à porter le fardeau de la
mort de Jésus, à être présenté comme un peuple maudit par Dieu ou être
victime d'actes antisémites et autres actes de persécutions comme cela
fut le cas à toutes les époques.
D'ailleurs, la phrase de Jésus : "Ceci est mon sang, le sang de
l'alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des
péchés" est rattachée au pardon, à l'expiation, la rédemption et la
réconciliation entre les peuples.
Bien évidemment, le problème de l'antisémitisme n'est pas définitivement
réglé, mais une étape a été franchie.
C'est la même démarche qu'il conviendrait d'entreprendre au sein de la
communauté palestinienne pour laquelle, la haine du juif est un
enfermement intellectuel dont elle doit se libérer.
La période n'est certes pas propice mais c'est bien vers un changement
de la doctrine religieuse palestinienne qu'il convient de se diriger.
II LA HAINE DU JUIFS DANS LES INSTITUTIONS ETATIQUES
En marge des institutions religieuses, les règles de fonctionnement
politiques peuvent conduire une population à devenir antisémite alors
qu' elle ne l'aurait peut-être pas été à défaut d'injonction
gouvernementale.
En effet, lorsqu'une partie de la population n'est pas sensible au
message religieux, il devient nécessaire de trouver un fondement laïc à
la haine du juif.
Pour ce faire, il revient à la loi organiser la société en fonction de
cet objectif (A) jusqu'à ce que les peuples défassent les lois et en
établissent de nouvelles en considération de valeurs humanistes (B).
A LES LOIS ETATIQUES ANTI JUIVES
La loi est une règle obligatoire émanant de l'autorité souveraine qui a
vocation à s'appliquer à l'ensemble de la nation.
L'Etat dispose d'une police pour veiller à son application et des
tribunaux qui sanctionnent tout manquement au texte.
La loi joue un rôle d'organisateur de la vie sociale, imprime les
valeurs de la nation et emporte, comme la norme religieuse, une adhésion
automatique du peuple.
Si cette loi relaye le message religieux par la consécration d'un statut
particulier réservé au juif, les membres de la nation intégreront
l'universalité de la haine du juif.
Ce fut le cas dans l'Allemagne nazie.
La « loi antijuive » du 15 septembre 1935 du congrès du parti national
socialiste a séparé la nation juive biologique du reste de la nation par
le retrait de la citoyenneté allemande et des droits civiques des juifs.
Un tel texte de loi a fatalement eu pour effet de susciter le doute sur
la nature exacte du juif.
D'autre lois ultérieures ont confirmé la nécessité de se protéger des
juifs comme la loi sur la protection du sang et de l'honneur allemand
qui a interdit le mariage entre les juifs et les aryens et dissous les
mariages antérieurs.
L'Etat se devant de protéger ses populations, l'interdiction faite de se
mélanger avec les juifs résulte vraisemblablement de ce qu'ils sont
dangereux.
Un tel statut a justifié que les juifs soient interdits d'employer du
personnel féminin de moins de 45 ans et se voient imposés le boycott de
leur magasin.
Progressivement, la loi a pu interdire l'accès des juifs à certaines
professions, aux carrières administratives, la magistrature,
l'enseignement, la médecine, la presse, le théâtre, la radio, le
cinéma...et le terrain était prêt pour la confiscation des biens juifs
et le port de l'étoile jaune.
Voici comment naît la haine du juif au sein d'une population qui ne
serait pas naturellement encline à ce sentiment et c'est le même
phénomène qui s'est rencontré en France avec une législation anti-juive
spécifique élaborée par le Gouvernement de Vichy.
La loi du 3 octobre 1940 a organisé le statut des juifs en fonction du
lien de parenté et définit les conditions de la non appartenance à la
religion juive.
Les intéressés devaient alors faire apposer la mention « juif » sur la
carte d'identité ce qui les excluait de la haute fonction publique de
l'enseignement et de la magistrature.
De même, l'exercice d'une profession libérale, commerciale, industrielle
ou artisanale se déterminait en fonction de quotas ou était interdite
(banquier, agent immobilier, courtier, éditeur ou rédacteur de journaux
à l'exception des publications strictement scientifiques ou
confessionnelles, entrepreneur de spectacles...).
Les lois du 10 septembre 1940 et du 22 juillet 1941 visant à " supprimer
toute influence israélite dans l'économie nationale " ont permis la
liquidation forcée des entreprises appartenant à des Juifs pour «
arianiser l'économie » et le décret Crémieux du 24 octobre 1870 ayant
accordé la nationalité française aux Juifs d'Algérie a été abrogé le 7
octobre 1940.
Lle décret du 4 octobre 1940 a accordé aux préfets le droit d'assigner à
résidence et d'interner les Juifs étrangers dans des camps spéciaux et
la mesure a été étendue par la loi du 2 juin 1941 aux Juifs français qui
tenteraient de se soustraire à la législation anti-juive.
Enfin, le port de l'étoile jaune a été imposé par l'occupant en avril
1942 avec interdiction de se montrer dans les lieux publics.
Dans ces conditions, bon nombre de français qui n'étaient pas
particulièrement hostiles aux juifs le sont devenus « l'également » et
la haine du juif est devenue naturelle, nécessaire, obligée ou
opportune.
La technique employée au sein des institutions politiques palestiniennes
est identique.
Le peuple palestinien est contraint de s'en prendre aux juifs car le
texte fondateur de ses institutions pose que :
- le palestinien dispose d'un droit au retour sur la Palestine
- que la Palestine est le territoire du mandat britannique
- La lutte armée constitue la seule façon de libérer la Palestine.
- l'action de commando constitue le coeur de la guerre populaire de
libération de la Palestine
- que le palestinien doit être éduqué dans un esprit révolutionnaire
En d'autre terme, le palestinien est une personne structurée par ses
institutions politiques pour combattre l'entité sioniste sans avoir à
s'interroger si ce combat qu'il est enjoint de mener est une chose bonne
ou mauvaise pour lui.
Seule, la remise en cause du texte institutionnel permettra la paix
entre les communauté juive et palestinienne.
B L'ADMISSION DES VALEURS HUMANISTES
Les dommages occasionnés par le courant de pensée politique de
l'Allemagne nazie ont conduit les pays occidentaux à prendre toute
mesure pour éviter les systèmes totalitaires et ses débordements non
maîtrisés.
Les pays occidentaux ont pris conscience de la valeur suprême de la
personne et aménagé leurs institutions en fonction de considérations.
La Convention de Sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés
Fondamentales entrée en vigueur le 3 septembre 1953, contient des
dispositions qui consacrent notamment dans l'article 8, le droit au
respect de la vie privée et familiale, du domicile et de la
correspondance et l'impossibilité pour l'autorité publique de s'ingérer
dans l'exercice de ce droit.
De même, dans l'article 9, il est reconnu le droit à la liberté de
pensée, de conscience et de religion et l'article 10 rappelle que toute
personne a droit à la liberté d'expression qui comprend la liberté
d'opinion, de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées
sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans
considération de frontière.
Pour garantir l'exercice de ces droits, l'article 13 prévoit la
possibilité d'exercer un recours devant une instance nationale, alors
même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans
l'exercice de leurs fonctions officielles.
Le caractère général du texte résulte de l'article qui 14 rappelle que
la jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente
Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment
sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions
politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale,
l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou
toute autre situation.
Enfin, l'opposabilité de ce texte à l'Etat ou aux autres groupements
résulte de l'Article 17 qui interdit tout acte visant à la destruction
ou la limitation des droits ou libertés reconnus dans la présente
Convention.
Il serait donc nécessaire que l'Autorité Palestinienne intègre de telles
valeurs dans son système pour avancer dans le processus de
réconciliation avec l'Etat hébreu.
Il conviendra bien évidemment de commencer par abroger la charte de
l'OLP.
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