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Azmi
Bishara, député arabe israélien de la Knesset s'en est une nouvelle fois
pris vigoureusement à l'Etat d'Israël dans un article publié le 7 août
2006 dans le journal Al Ahram Weekly sous le titre "When the skies rain
death" (lorsque le ciel sème la mort).
Dans ce document, Azmi Bishara, qui se présente non pas comme député
«israélien» mais «palestinien », qualifie à deux reprises, l'Etat
d'Israël «d'Etat terroriste». D'ailleurs, Selon lui, « l'Etat terroriste
d'Israël » est soutenu par un autre Etat terroriste qui a «à sa tête
Georges Bush, un homme sadique et violent, très dangereux, entouré d'une
bande de Machiavels froids et calculateurs adeptes du terrorisme
d'état».
Cet article (consultable sur Internet) est intéressant à un double titre
: tout d'abord Azmi Bishara se positionne sur le terrain religieux en
présentant la société israélienne comme diabolique, vouant un culte à la
déesse moderne qu'est l'avion de combat (I). Par ailleurs, l'auteur
développe sans détour un thème qui lui est particulièrement cher, à
savoir l'illégitimité de l'Etat d'Israël (II).
I. LA DIABOLISATION DE L ETAT D ISRAEL A TRAVERS LE CULTE VOUE A L
AVION DE COMBAT
Le thème de l'article "When the skies rain death" porte sur
l'utilisation par Israël des F15 et des F16 dans la guerre engagée au
Liban en juillet 2006 et plus précisément sur le déséquilibre des forces
entre l'Etat d'Israël, doté d'avions de combat et le Liban qui en est
privé.
Toutefois, et bien qu'il s'agisse d'une condamnation du déséquilibre des
forces armées, le texte se positionne en partie sur le terrain religieux
en assimilant l'avion de combat à une déesse moderne (1°). L'auteur
fustige au passage la société israélienne dont les membres sont dénués
de toutes valeurs morales (2°).
1° L'avion de combat assimilé à une déesse moderne
Né à Nazareth en 1956 au sein d'une famille arabe chrétienne, Azmi
Bishara est membre de la Knesset depuis 1996 et chef du parti arabe
israélien Balad (parti national démocratique).
Bien que défenseur de valeurs communistes, laïques et athées, Azmi
Bishara sait, opportunément, parsemer ses textes de références
religieuses.
Ainsi, l'avion de combat utilisé par l'Etat d'Israël est il comparé
(dans le texte), à la déesse d'un système amoral et dénué de tout sens
éthique puisque la technologie sophistiquée est exclusivement employée
au « ciblage mortel et à la destruction chirurgicale ».
Bien évidemment, cette déesse dispose d'un sanctuaire puisque son lieu
de repos ou de fabrication (« usines, hangars et lieux d'assemblage »)
est judicieusement comparé à des « vastes et spacieuses cathédrales ».
Le contexte est alors posé pour placer son propos sur le terrain de la
guerre des religions entre les civilisations matérialistes (et
fatalement immorales) et les autres puisque la déesse moderne entend
conserver « sa supériorité sur les dieux des autres pays ».
La religion nouvelle n'en est pas pour autant vertueuse puisque l'avion
de combat fait que « l'immoral devient moral » et plane au-dessus du
bien et du mal, « en déesse assoiffée de sacrifices ».
L'auteur quant à lui s'interroge sur le point de savoir si les victimes
de ces avions éprouvent « la douleur d'une crucifixion » avant de
sombrer dans le néant alors qu'elles n'ont aucune chance face à la
déesse « qui erre au paradis»,
Ce faisant, la démarche du député est tout à fait subtile.
Le texte distille le message classique selon lequel le peuple juif,
dénué de toutes valeurs morales, se crée une religion centrée sur la
destruction du monde arabe injustement victime de ses coups.
2° La diabolisation de l'Etat d'Israël
Le texte qui débute par l'affirmation selon laquelle Israël est un état
terroriste termine par l'évocation de sa logique diabolique.
Selon l'auteur, l'absence de valeurs morales de la société israélienne
est le résultat d'une société consumériste qui a ôté tout sens éthique
aux individus.
La société immorale israélienne s'appuie sur d'autres états (les Etat
Unis) développés sur le plan industriel mais injuste bien que se
prétendant égalitaire.
D'ailleurs, les employés qui contribuent à la fabrication de ses avions
sont comparés aux allemands de la seconde guerre mondiale puisqu'ils
sont « une élite, le haut du panier, les élus, la nouvelle race aryenne
» ce qui permet au passage de conférer définitivement aux arabes, le
statut de victime expiatoire tout comme les juifs auraient pu l'être à
une autre époque.
La société israélienne apparaît ainsi parfaitement déshumanisée et les
pilotes de retour à la base, insensibles aux dégâts occasionnés se
contentent d'annoncer que « la mission est accomplie » et plaisantent
avec les autres pilotes « et le personnel féminin de la base » (autre
signe de la décadence de la société)...
En tout état de cause, le système israélien génère des individus
monstrueux, fruit d'une civilisation dont les soldats, adepte de la
croyance nouvelle, ont le droit de tuer sans que les autres n'aient ce
droit...
Bien évidemment, le propos d'Azmi Bishara relève de la plus parfaite
mauvaise foi et jamais ill ne s'interroge sur les dégâts occasionnés par
les Katiouchas dont l'envoi s'opère, selon lui, dans le cadre de
l'exercice du droit à résister.
Sûrement, doit il considèrer comme Hassan Nasrallah, que les enfants
arabes d'Israël tombés sous les missiles du Hezbollah sont des martyrs
de la «guerre contre les infidèles ».
II. LA SOIT DISANT ILLEGITIMITE DE L' ETAT D ISRAEL
Bien que relevant du sophisme, la démonstration de l'immoralité de la
société israélienne par Azmi Bishara présente une seconde utilité :
essayer de démontrer que l'Etat d'Israël est illégitime.
Tout en injuriant l'Etat d'Israël, l'auteur cultive la frustration du
monde arabe en relatant certains événements ayant entouré la naissance
de l'Etat (1°). L'Etat d'Israël pourrait profiter de l'occasion pour
opposer sa légitimité et son honneur à travers des dispositions
empêchant les atteintes aux intérêts supérieurs de la nation juive (2°)
1° La frustration du monde arabe
Azmi Bishara n'est pas tendre avec l'Etat qui le rémunère en tant que
parlementaire.
Il évoque « le pouvoir destructeur qui les remplit de fierté », «
l'horreur des crimes commis par Israël », « la folie israélienne », « le
recours pour effectuer la besogne à des enfants gâtés appartenant à « la
bonne religion » avec le cour penchant pour le style de vie consumériste
américain » et enfin, le caractère diabolique de l'Etat d'Israël.
Selon Azmi Bishara, il est une certaine constance dans le fonctionnement
de l'Etat hébreu puisqu'en 1948, l'Etat s'est construit en « prenant des
civils pour cibles » en les déplaçant de force et en volant leur terre.
L'entreprise s'est poursuivie par l'unité 101 conduite par Ariel Sharon
(années 1950), qui a attaqué des villages, fait sauter des maisons et
abattu les habitants.
Tout ceci permet de conclure une fois encore, que l'Etat d'Israël est
bien un état terroriste et qu'implicitement, les israéliens, dénués de
toutes valeurs morales n'ont aucun droit à se maintenir sur la terre.
Ainsi, il n'existerait aucune dialectique transcendantale dans
l'avènement de l'Etat Juif et la présence des juifs dans cet endroit du
monde ne serait que le fruit d'une usurpation.
La tradition démocratique de l'Etat d'Israël ne devrait permettre que
soient répandus de tels propos attentatoires à son honneur et à celle de
la nation juive toute entière.
Sûrement, en marge de son combat contre le terrorisme, l'Etat d'Israël
serait il bien inspiré de cesser de « nourrir » les ressortissants de
l'Etat qui n'appelle qu'à sa disparition, au moyen de mesures adaptées.
2° La nécessité de sanctionner les atteintes aux intérêts supérieurs
de la nation juive
L'Etat d'Israël ne devrait pas tolérer de tels abus de langages et
financer le train de vie de tels parlementaires qui salissent son
honneur.
Pourquoi ne pas s'inspirer de l'exemple de pays démocratiques tels la
France qui déchoit de la nationalité celui qui s'est livré au profit
d'un Etat étranger à des actes incompatibles avec la qualité de français
et préjudiciables aux intérêts de la France (article 25 Code civil).
De même, la France a su expulser de son territoire le 21 avril 2004
Abdelkader Bouziane, imam de Vénissieux qui avait affirmé que le Coran
autorisait un musulman à battre sa femme.
Cette expulsion est intervenue en dépit des attaches fortes de l'imam
avec la France puisque l'intéressé y vivait depuis 25 ans et que sur ses
16 enfants, 14 étaient français.
La solution doit être identique pour Azmi Bishara qui s'est fait
remarqué à de nombreuses reprises pour ses positions anti israélienne
tels en février 2002, où son attitude a débouché sur l'ouverture d'un
procès pour sortir illégale du territoire (déplacement en Syrie) et ses
propos de soutien à la résistance palestinienne et du Hezbollah tenus à
Damas et Oum el Fahm.
De même, en février 2004, 2 adhérents actifs du parti arabe Balad ont
été recrutés par le Hezbollah pour commette des attentats suicides en
Israël :
Djassan Atallama, 41 ans, secrétaire de Balad à Nazareth et son frère
Sarhan, 25 ans, également membre du parti, qui ont été poursuivis pour
complicité avec l'ennemi en temps de guerre, de contact avec un agent de
l'ennemi et de participation aux activités d'une organisation
terroriste.
L'Etat d'Israël ne devrait plus accepter les atteintes à son intégrité
et à sa souveraineté et user de ses prérogatives de puissances publiques
pour empêcher la propagation de messages incitent à la haine inter
communautaire.
Le retrait de la nationalité israélienne et l'expulsion du territoire d'Azmi
Bishara lui permettraient de poursuivre sa propagande dans l'endroit du
monde qui lui convient et les sommes versées en sa qualité de
parlementaire pourraient être redistribuées à un fond destiné à aider
les victimes israéliennes de Katiouchas, tombés au cours de l'été 2006.
LE TEXTE DE BISHARA
lundi 7 août 2006 (23h28) : Azmi Bishara : Lorsque le ciel sème la mort
de Azmi Bishara député palestinien à la Knesset
Israël est un état terroriste. La logique diabolique de cet état est
activement supportée par un autre état terroriste qui a à sa tête
Georges Bush, un homme sadique et violent, très dangereux, entouré d'une
bande de Machiavels froids et calculateurs adeptes du terrorisme d'état.
L'avion de combat est la quintessence de la civilisation moderne, la
déesse moderne. Il est le produit collectif de toutes les sciences en
même temps que la neutralisation de toutes les valeurs et morales.
En lui converge le laser, la micro-optique, la microélectronique et les
hautes technologies en aérodynamique, tout ceci aboutissant au vol de
précision, au guidage à un cheveu près, au ciblage mortel et à la
destruction chirugicale.
Il est hygiénique et ultra-précis et ses usines, hangars et lieux
d'assemblage sont aussi vastes et spacieux que des cathédrales. Ces
avions ne sont fabriqué que dans les états les plus développés sur le
plan industriel, et assemblés par de vastes corporations dont les
employés vivent dans des sociétés se voulant égalitaires et perçoivent
de hauts salaires. Ils ne peuvent être pilotés que par des individus
hautement qualifiés.
Ils sont à la fois le produit d'un individualisme absolu et d'un travail
collectif institutionnalisé. Les employés qui contribuent à sa
fabrication appartiennent à des sociétés qui ont beaucoup de
réalisations à leur actif ; ils sont une élite, le haut du panier, les
élus, la nouvelle race aryenne.
Comme toute déesse d'une société consumériste, l'avion de combat à peine
né est déjà obsolète ; un nouvel avion doit être produit toutes les deux
ou trois années de façon à répondre à la demande, intégrant les
dernières avancées technologiques et découvertes scientifiques de façon
à conserver sa
supériorité sur les dieux des autres pays.
L'avion de combat fait que l'immoral devient moral. Il plane au-dessus
du bien et du mal, en déesse assoiffée de sacrifices. Le pilote ne voit
pas le sang, il ne voit ni baïonnette ni balle perçer le corps de la
victime. Il ne se salit pas car il n'a pas à ramper ni à voir les yeux
de ses victimes. Il ne transgresse pas non plus le commandement qui lui
dit de ne pas tuer. Tout ce qu'il a à faire est de presser sur un bouton
longtemps à l'avance.
Toutes les victimes entendent le cri perçant du missile qui arrive. Puis
le monde est secoué de toutes parts et tout bascule, sans même un
balancement. Peut-être éprouvent-ils la douleur d'une crucifixion avant
de sombrer dans le néant. Chacun est sans recours devant les avions de
combat ; ni père ni mère ne peuvent protéger leur enfant. Les enfants
sont réduits en pièces, ou enterrés sous les décombres des immeubles qui
s'effondrent dans un gémissement fait de bruits de branches brisées. Les
pierres, les planches de bois, les lambeaux d'acier s'écrasent sur des
os humains et pulvérisent les crânes - le tout en un clin d'oeil.
Cependant, tout ce qui peut être vu depuis le siège du pilote, c'est une
légère colonne de fumée et un nuage de poussière. « Mission accomplie »,
dit le pilote à sa base, alors qu'il exécute un virage soigné dans les
cieux, au-delà de toutes les morales. Puis il atterrit, saute en bas de
l'avion et se dirige vers les baraquements, son casque sous le bras
comme un motocycliste.
Il va prendre un café à la cafétéria, échange des plaisanteries avec les
autres pilotes, avec le personnel féminin de la base et avec les
mécaniciens qui vont faire en sorte que son avion soit prêt pour une
nouvelle sortie mortelle. Puis il rentre chez lui. Sur son chemin il
écoute de la musique,
fait le pitre avec quelques enfants et, peut-être, engage une discussion
politique. Il peut être sérieux, ou indifférent ou en colère. Il peut
être de gauche ou de droite, être en faveur des droits du mouvement gay
ou en opposition ; il se félicite peut-être d'être une colombe ou alors
d'être un faucon enragé.
Mais ceci n'est pas le critère déterminant pour qu'il puisse appuyer sur
le bouton. Toutes ces pensées et tous ces critères perdent tout leur
sens dans la religion du bombardier.
Les peuples du monde se divisent entre ceux qui disposent et ceux qui ne
disposent pas de F-15 et F-16. Ceux qui en disposent se divisent aussi
entre ceux qui les possèdent et ceux qui se trouvent sous leur férule.
Les Arabes ne se situent pas seulement dans le camp de ceux qui n'en
disposent pas, mais également dans le camp de ceux qui à l'occasion en
tirent bénéfice.
Ces avions de combat sont omniprésents. Ils peuvent être visibles ou
invisibles. Mais il n'y a aucun moyen d'échapper à leur venin ni aucun
endroit où l'on puisse se cacher de leurs missiles. Les avions restent
dans le ciel mais ses missiles vont descendre en piqué sur les passagers
d'une voiture qui tente de fuir, ou d'un bus ou d'une ambulance, et ils
vont percer les plafonds des bunkers et des abris jusqu'à ce qu'ils
atteignent les corps tendres qui s'y trouvent. La chair humaine n'a
aucune chance contre un missile envoyé par un avion de combat. Le corps
est nu face à la déesse qui erre au paradis tandis que des bâtiments
faits de pierres et renforcés de ciment s'écroulent devant elle.
Les avions provoquent des destructions massives, mais ils n'apportent
pas de solution dans la bataille contre ceux qui ont le droit pour eux.
Pour cela il faut que les fidèles de la déesse combattent au sol. Mais
une fois que ceux qui appartiennent à cette civilisation commencent à
combattre au sol, alors ils commencent à mourir et à pleurer.
Ce phénomène a produit une curieuse croyance, selon laquelle les soldats
de cette civilisation ont le droit de tuer mais par contre que les
autres n'ont pas ce droit, même dans une guerre. C'est pourquoi
lorsqu'un de leurs soldats est frappé ils se retrouvent sonnés, et c'est
pourquoi lorsque leur armée subit une défaite contre ceux qui sont du
côté des faibles et des opprimés, ils prennent cela pour un affront au
prestige de leur armée et de leur supériorité militaire.
Dans cette situation-là Israël retire discrètement ses troupes au sol et
envoie ses F-16 afin de bombarder les emplacements « terroristes »,
qu'il s'agisse de maisons ou de villages. Ce comportement est lâche et
vindicatif, bon pour ceux qui possèdent une force aérienne qui leur
permette de se comporter en tyrans arrogants nés dans les cieux. Au sol,
ce sont des êtres humains comme n'importe qui : exposés et fragiles.
Mais dans les airs, avec la protection de leur déesse, ils peuvent
tourner dans tous les sens, invisibles à l'oil nu mais certains que leur
vacarme sera entendu lorsqu'ils passent au-dessus du sol, tirant tout
l'avantage possible de la fragilité de ceux qui sont cloués au sol sans
avions et même de ceux qui se sont réfugiés dans des trous dans la
terre.
Ils se vengent non seulement parce qu'ils ont la volonté de le faire --
ils n'ont pas le monopole de la volonté -- mais parce que leur déesse
fait en sorte que ce soit possible pour eux. [...]
Ce pouvoir destructeur les remplit de fierté... Le genre d'émotion qui
précède la chute. La mort d'un enfant, de deux enfants, de trois ; la
mort d'une femme ou de deux ; la destruction d'une ambulance -- Quand la
force brutale contre des gens innocents devient-elle inacceptable ?
Faut-il trente enfants ? Cinquante ? Devant les caméras ? Et combien
lorsqu'il n'y a pas de caméra ? Où est le haut de l'échelle ? A ce
propos, les caméras ne transmettent pas les odeurs de putréfaction
venant des corps écrasés sous les décombres.
Il est difficile de fixer précisément à quel point exactement le verre
tombe de la main d'un responsable Arabe ou occidental lorsqu'il fixe son
écran de télévision. Quelle image d'enfants mourant va jusqu'à lui ?
Est-ce que sa bouche laisse échapper son amuse-gueule en même temps que
son verre tombe à terre ? A-t-il un hoquet devant son assiette ?
Pense-t-il alors qu'il aurait dû écouter ses conseillers plus tôt et
appeler à un cessez-le-feu immédiat ? Pousse-t-il un soupir devant
l'horreur des crimes commis par Israël, ou bien se sent-il désespéré
devant la folie israélienne qui lui fait perdre encore une autre
occasion ?
Israël s'est construit en prenant des civils pour cible
En 1948, il les a pris pour cible en les déplaçant de force et en volant
leur terre. Il a frappé des villages entiers supposés héberger des bases
de feddayins -- des combattants de la résistance. La « stratégie » était
basée sur deux principes : le besoin de dissuader les civils d'apporter
leur appuià la résistance, ce qui signifie réprimer toute expression
politique ou sociale, et le besoin d'assouvir la soif israélienne de
revanche.
L'unité 101 conduite par Ariel Sharon au début des années 1950 était le
fer de lance de ces deux principes. Cette unité a attaqué des villages,
fait sauter les maisons et abattu ses habitants. Parmi les fruits les
plus connus de cette philosophie se trouvent les massacres de Qubya,
Nahalin et Al-Bureij dans ces mêmes années, et les massacres de Jabalya,
Beit Hanoun,Al-Shajaiya, Qasba à Naplouse, et Jénine ces dernières
années.
Pour atteindre ces objectifs, Israël avait besoin de bouchers, même s'il
les qualifiait de « guerriers légendaires ». C'était une approche
manuelle. Cela n'impliquait pas des F-16. Pour cette besogne il fallait
juste des enfants gâtés appartenant à la bonne religion et avec le coeur
penchant du côté du style de vie consumériste américain.
Israël frappe délibérement les civils au liban. Son objectif est de
punir quiconque a pu soutenir la résistance, de déplacer les civils vers
le nord de façon à aggraver les tensions inter-communautaires dans le
pays et à assouvir sa soif barbare de revanche. L'attaque en cours, dans
toute sa férocité et avec toutes ses victimes innocentes, a été
planifiée longtemps à l'avance, avec une perversité qui défit
l'imagination.
Israël est un état terroriste
La logique diabolique de cet état est activement supportée par un autre
état terroriste qui a à sa tête Georges Bush, un homme sadique et
violent, très dangereux, entouré d'une bande de Machiavels froids et
calculateurs adeptes du terrorisme d'état.
Ils sont absolument persuadés que les civils qui ne disposent pas de
leurs propres avions de combat sont tellement bas dans l'échelle de
l'aptitude à survivre que s'ils meurent c'est de leur propre faute, que
c'est le résultat de leur propre manque de réalisme.
Cette logique possède un défaut qui la rend impardonnable, une
malédiction qui va hanter cette civilisation, une mise en accusation
permanente de sa domination du ciel : comment peut-on s'attendre à ce
que des enfants soient « réalistes » ? Comment quiconque pourrait-il les
blâmer de leur propre mort ?
Ce n'est pas juste de réciter les prières des enfants morts comme s'il
s'agissait de héros, et c'est honteux d'exposer leurs corps à la vue de
tous. Ces enfants n'étaient pas des guerriers. Ils ne faisait pas partie
de la résistance. Ils ne sont pas morts pour apporter une victoire à
d'autres qui sont vivants et n'ont pas à exposer leur vie en première
ligne. Ces enfants sont morts car ils n'ont pas pu s'échapper à temps ou
parce qu'ils n'ont pas réussi à se cacher des avions. Ce sont les
victimes de cette civilisation barbare et criminelle des avions de
combat.
Leurs meurtiers doivent rendre des comptes et la résistance contre
l'agression doit avoir notre soutien.
Al Ahram Weekly "When the skies rain death" Traduction : Claude
Zurbach
publié le lundi 7 août 2006 sur le CCIPPP |