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Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad multiplie les
déclarations sur l’illégitimité de l’Etat d’Israël mais également sur
l’invention de la «shoah », à l’origine d’une spoliation de terres
musulmanes.
La démonstration de Mahmoud Ahmadinejad relève bien évidemment du
parfait sophisme (I) mais le président iranien devrait peut-être se
méfier de son raisonnement car pris à la lettre, il pourrait justifier
une éviction (actuellement impossible), de l’ensemble des populations
non juives implantées en Israël (II).
I. UNE DEMONSTRATION QUI RELEVE DU SOPHISME
Le thème classique développé par le fondamentaliste islamiste est celui
de la nécessité de se débarrasser de l’enclave juive implantée sur des
terres musulmanes.
Ainsi, lors d’une conférence à Téhéran tenue le 26 octobre 2005 sur le
thème « un monde débarrassé du sionisme », Mahmoud Ahmadinejad a
qualifié de «sage » le propos de l’Imam Khomeini qui affirmait (en
parlant d’Israël) que « le régime d’occupation devait être rayé de la
carte ».
Pour démontrer l’illégitimité de la présence juive en Palestine, le
président iranien pose comme postulat l’idée selon laquelle la venue des
juifs en Palestine a pour fondement un mensonge, en l’occurrence le
massacre « imaginaire » de juifs perpétré pendant la seconde guerre
mondiale.
Cet argument fut repris lors de son discours tenu en novembre 2005 en
marge du Sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) à La
Mecque, lorsque Mahmoud Ahmadinejad a réaffirmé que l’extermination des
six millions de juifs par les nazis était une « légende ».
Cette déclaration lui a naturellement valu une condamnation du Conseil
de sécurité des Nations unies.
Toutefois, la thèse a de nouveau été développée le 14 décembre 2005 à
Zahedan lorsqu’il a affirmé que «Les Occidentaux ont inventé le mythe du
massacre des juifs et le placent au-dessus de Dieu, des religions et des
prophètes ».
Lors de cette allocution, le président iranien a démontré ses talents de
parfait orateur.
Tout d’abord, il a subtilement positionné son propos sur le terrain
religieux en rappelant que les infidèles occidentaux plaçaient le
mensonge au dessus des valeurs transcendantales :
« Si quelqu’un dans leur pays met en cause Dieu, on ne lui dit rien ;
mais si quelqu’un nie le mythe du massacre des juifs, les haut-parleurs
sionistes et les gouvernements à la solde du sionisme commencent à
vociférer».
Ce faisant, il conforte son auditoire acquis à l’Islam puisque dans la
société occidentale, décadente et déshumanisée, il est possible de
remettre en cause l’existence de Dieu mais pas le mensonge des sionistes
relatif au massacre de juifs en 1939-1945.
En outre, l’enchaînement des idées avancées, démontre non seulement que
les juifs sont des menteurs et des fourbes mais encore permet de
s’interroger sur le point de savoir pourquoi les palestiniens doivent
faire les frais du massacre imaginaire des juifs :
«Si vous dites que vous avez massacré et brûlé six millions de juifs
durant la Seconde Guerre mondiale, si vous avez vraiment commis ce
massacre, pourquoi ce-sont les Palestiniens qui doivent en payer le prix
? Pourquoi avoir créé un régime sioniste factice ».
Le président iranien peut alors émettre des propositions sur une
implantation acceptable des juifs dans un autre endroit du monde.
«Notre proposition est celle-là : donnez un morceau de votre terre en
Europe, aux Etats-Unis, au Canada ou en Alaska pour que les juifs créent
leur Etat. Et soyez certain que si vous faites cela, le peuple iranien
ne protestera plus contre vous et soutiendra votre décision»,
(déclaration faite le 14/12/2005)
Ces déclarations ont abouti à une plainte en février 2006 au parquet
fédéral de Karlsruhe pour contestation de l'Holocauste (passible en
Allemagne de 5 ans de prison) mais depuis, Mahmoud Ahmadinejad ne manque
pas de surenchérir.
Ainsi, lors de la guerre menée par Israël contre le Hezbollah en juillet
2006, il a comparé Israël à l’Allemagne nazie : "Leurs méthodes
ressemblent à celles d'Hitler. Lorsque Hitler voulait lancer une
attaque, il inventait aussi un prétexte" avant de conclure : « les
sionistes affirment être les victimes d’Hitler mais ils sont de la même
nature que lui ».
Et c’est encore cette construction intellectuelle (dans des termes
toutefois plus nuancés) qui a été reprise par le président iranien à
l’Assemblée générale de l’Onu du 19 septembre 2006 lorsqu’il a réaffirmé
que:
- la Palestine a été conquise sous prétexte de protéger une partie des
rescapés de la seconde guerre mondiale,
- que par la suite, de nombreuses personnes non influencées par la
guerre ont été amenées en Palestine (les sionistes),
- que cette occupation de la Palestine est une tragédie qui constitue
une menace pour le moyen orient
- et que la tragédie ne s’est pas achevée par la création d’un régime
sur la terre appartenant à d’autres.
Le président iranien, brillant orateur, a toutefois demandé naïvement à
l’Assemblée Générale de l’ONU « pourquoi la shoah est utilisée par les
juifs comme justification de l’occupation de la Palestine ».
La démonstration relève bien évidemment du sophisme mais Mahmoud
Ahmadinejad devrait se méfier du principe selon lequel un conquérant
illégitime doit quitter la terre.
En effet, ce principe pourrait justifier un départ d’Israël de toute
population non juive s’y trouvant dès lors qu’il s’agit de descendants
d’envahisseurs étrangers.
II. LE PRINCIPE DE L'ILLEGITIMITE DE L'ENVAHISSEUR ETRANGER
Pour Mahmoud Ahmadinejad, la raisonnement est simple : les juifs ne sont
que des occupants sans droit ni titre, venus volés les terres des
palestiniens qui doivent, du fait de leur statut de conquérant,
retourner vers un autre endroit du monde que leur choisira la communauté
internationale.
Les déclarations du président iranien ont naturellement suscité l’émoi,
la stupeur, l’indignation ou l’écœurement, mais peut-être conviendrait
il d’être attentif à la démonstration.
Si, en effet, le président iranien avait raison, cela signifierait
qu’une population, du seul fait de son statut de conquérant (ou de
descendant de conquérant), devrait quitter le territoire sur laquelle
elle est établie.
La solution serait peut-être enfin trouvée pour Israël et pour le
problème palestinien dans la mesure où les populations d’origine
palestiniennes qui demeurent en Israël ou plus largement au moyen
orient, devraient immédiatement quitter l’endroit de leur résidence eu
égard à leur qualité de « descendants d’envahisseurs étrangers ».
Tout d’abord, le seul nom de « palestiniens » que se donnent les
palestiniens justifie leur éviction puisque le nom « Palestine » a été
donné à la région par Hadrien, Empereur (et envahisseur) Romain en 135
de l’ère vulgaire.
Si les palestiniens se reconnaissent à travers ce nom d’envahisseur
romain, c’est qu’ils en sont peut-être les héritiers directs.
Or, si tel est le cas, et suivant la logique de Mahmoud Ahmadinejad,
sûrement conviendrait-il de renvoyer les intéressés, en Italie.
Mais leur venue est peut-être plus récente.
S’ils sont les descendants des envahisseurs Arabes qui, après la prise
de Damas en 635 se sont vus donnés la Syrie et la Palestine en 636, il
conviendrait de les réexpédier en Arabie saoudite.
Il se peut également que les palestiniens soient des descendants des
Croisés de 1099 venus établir le Royaume latin de Jérusalem en 1100.
Si tel est le cas, les conditions de leur retour se compliquent
légèrement dans la mesure où, préalablement à leur départ, il conviendra
de reprendre leur généalogie pour connaître le pays vraisemblablement
européen de provenance de leurs ancêtres.
Pour tout ce qu’il en est des « palestiniens » dont les ancêtres sont
venus à compter de 1516, date de la domination ottomane, c’est la
Turquie qui pourrait bien être leur prochaine destination.
Enfin, pour les palestiniens venus s’installer à l’époque du mandat
britannique, un retour en Angleterre sera vivement conseillé.
Restera alors à régler le cas des palestiniens pour lesquels il n’a pas
été trouvé l’origine de « l’envahisseur conquérant » impliquant que les
ancêtres sont vraisemblablement nés dans cette partie du monde.
Pour ces derniers, la solution est trouvée grâce à la thèse de Tsvi
Misinai qui, dans son ouvrage « ìà éàåîï ëé éñåôø » (incroyable mais
vrai), a mis en lumière qu’une partie des palestiniens est issue du
peuple Juif, descendants des tribus hébreux et des Moabites et Edomites
convertis au Judaïsme par le Roi David avant d’être convertis de force à
l’Islam.
Pour ces derniers, et compte tenu de leurs origines juives antérieures à
leur conversion de force à l’Islam, il serait possible d’envisager une
conversion au judaïsme, qui constituerait, non pas un retour
géographique mais une véritable téchouva c'est-à-dire un retour
spirituel.
Grâce à Mahmoud Ahmadinejad, le problème palestinien serait enfin
solutionné puisque dans cette partie du monde, il ne resterait que les
descendants des populations juives deux fois millénaires qui se sont
maintenues sur le territoire.
Ces derniers pourraient, avec l’autorisation de Mahmoud Ahmadinejad,
inviter les membres de leurs familles disséminées dans le monde depuis 2
000 ans, à les rejoindre et le président iranien ne serait plus jamais
considéré comme une menace pour Israël mais bien comme l’un des plus
grands sionistes de tous les temps, suscitant la reconnaissance
éternelle du peuple juif qui n’a jamais envisagé une telle opportunité.
Nous n’en sommes pas encore là mais, en attendant, admettons qu’en
voulant rayer Israël de la carte, le président iranien fait partie des
rares chefs d’Etats arabes qui reconnaît qu’Israël se trouve bien sur la
carte du monde. |