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Le Premier Ministre Ehoud Olmert et Madame Tsipi Livni
évoquent à nouveau la nécessité d'un rapprochement avec l'autorité
Palestinienne ou avec le gouvernement d'union nationale palestinien en
vue d'une relance du processus de paix conformément à la « feuille de
route ».
Des déclarations identiques émanent du président de l'Autorité
Palestinienne qui se déclare prêt à poursuivre les négociations.
De telles annonces, aussi encourageantes soient elles, laissent entendre
que le différend entre les peuples serait exclusivement d'ordre
diplomatique ou territorial.
Sûrement serait-il temps de reconnaître que le conflit intègre une
dimension idéologique qui tient aux divergences de vue dans les
conceptions du mode de vie de la société palestinienne et de la société
israélienne.
Seule, la prise en compte de ce phénomène permettrait de comprendre que
le rapprochement des peuples exige des palestiniens qu'ils renoncent au
jihad contre un univers non musulman (I) et qu'ils acceptent la
conception égalitaire de la société israélienne (II).
I LA RENONCIATION AU JIHAD CONTRE UN UNIVERS NON MUSULMAN
Le conflit israélo palestinien dans son aspect idéologique, se présente
sous la forme d'une opposition entre des philosophies de vie, l'une
envisagée par l'Islam et l'autre par l'univers démocratique israélien.
La paix durable entre les peuples n'est pas envisageable si les
palestiniens ne renoncent pas à la guerre contre les infidèles (A) ni
n'admettent le principe d'une coexistence pacifique avec les juifs (B).
A L ABANDON DE LA GUERRE CONTRE LES INFIDELES
Les groupuscules islamistes palestiniens (qualifiés de terroristes par
les israéliens) mènent une forme de Jihad, en l'occurrence une guerre
contre les infidèles pour faire triompher l'Islam.
C'est ce que leur enjoint la sourate 9 verset 29 du Coran qui précise :
«combattez ceux qui ne croient point en Dieu ni au jour dernier, ceux
qui ne s'interdisent pas ce que Dieu et son prophète ont défendu, ceux
qui parmi les gens du Livre (notamment les juifs) ne professent pas la
Vraie Religion.Combattez les jusqu'à ce qu'ils paient le tribu et qu'ils
se soumettent ».
Pour mener ce Jihad, les combattants (Moudjahiddin) dispose d'un moyen
efficace qu'est la terreur.
En effet, il est dit : « mettez sur pied tout ce dont vous disposez en
force et en cavaliers pour terroriser les ennemis de Dieu et les vôtres
ainsi que d'autres encore que vous ne connaissez pas mais que Dieu
connaît. » (Sourate 8, verset 60-62).
Bien évidemment, un tel jihad n'est pas mené en vue d'un partage
territorial ou de l'aménagement de relations pacifiques mais bien pour
étendre les terres à islamiser c'est-à-dire les « soumettre » (Islam
signifiant «soumission »), impliquant le paiement d'un tribut, la
reconnaissance de Muhammad comme prophète et la conversion.
Or, cette conception du Jihad ne saurait permettre la mise en place
d'une solution négociée entre israéliens et palestiniens et à défaut de
renonciation expresse par les palestiniens à cette forme de Jihad, tout
espoir de rapprochement paisible des peuples est voué à l'échec.
Il est, en revanche, un autre Jihad envisagé par l'Islam que les
palestiniens seraient bien inspirés à mener et qui lui, est parfaitement
compatible avec le rapprochement des peuples.
Au retour d'une expédition militaire, le Prophète a dit « nous revenons
du jihad asghar (petit jihad ou guerre contre les infidèles), il nous
faut maintenant entreprendre le jihad akbar (grand jihad).
Ce dernier Jihad consiste dans une guerre contre les mauvais instincts,
impose le respect des valeurs morales de l'Islam et rejette le péché
constitutif d'une faute grave et d'une offense à Dieu.
Parmi les péchés figure notamment le meurtre qui est proscrit dans
l'Islam puisque « sauf à bon droit, ne tuez point l'homme dont Dieu a
rendu la vie sacrée » (sourate 17, verset 33). D'ailleurs, selon II Hen
60.1 « qui tue fait tort à son âme, et il n'y a pas pour lui de guérison
à jamais. »
Aussi, dès que le peuple palestinien aura renoncé expressément à la
guerre contre les infidèles, il sera possible, tout comme le suggèrent
les grands rabbins Shlomo Amar et Yona Metzger, de réconcilier les
religions et d'introduire dans les manuels scolaires des cours sur la
paix entre les
religions.
Les palestiniens pourront alors imaginer de coexister pacifiquement avec
les juifs.
B LA NECESSITE D'ADMETTRE LE PRINCIPE D'UNE COEXISTENCE PACIFIQUE
AVEC LES
JUIFS
Il n'est pas prévu dans le message institutionnel palestinien la
possibilité de partager un avenir serein avec une population juive ni
même d'accepter leur présence sur la terre qu'ils nomment Palestine.
Le symbole historique des palestiniens demeure Yasser Arafat ancien chef
de l'OLP, organisation qui, comme son nom l'indique, vise à libérer la
Palestine de toute présence juive.
Pour leur part, les jeunes générations de palestiniens sont nourries de
textes hostiles à toute présence juive dans cette partie du monde.
On peut citer l'article 15 de la Charte de l'OLP qui rappelle que « la
libération de la Palestine est un devoir national (qawni) et vise à
l'élimination du sionisme de Palestine », l'article 8 de la charte de
l'OLP qui précise que « le combat est focalisé sur les forces du
sionisme et de l'impérialisme », l'article 9 de la Charte qui prévoit
que « la lutte armée est la seule façon de libérer la Palestine », ou
enfin l'article 10 qui énonce que « l'action de commando constitue le
coeur de la guerre populaire de libération de la Palestine
En marge de la charte de l'OLP, les jeunes palestiniens consultent la
Charte du Hamas qui se fixe comme objectif (dans l'introduction) de
renverser l'Etat Juif d'Israël par une République islamique théocratique
sur l'ensemble de la Palestine en fournissant « le bras à tous ceux qui
mènent le Jihad pour la libération de la Palestine ».
Pour ce qu'il en est des articles suivants on peut noter l'article 6 qui
stipule « que le Mouvement de la Résistance Islamiste ouvre à planter
l'étendard de Dieu sur toute parcelle de la Palestine », l'article 7 qui
rappelle que le Mouvement de Résistance Islamique n'est qu'un « des
épisodes du Jihad mené contre l'invasion sioniste » et l'article 15,
plus explicite sur les devoirs du palestinien puisqu'il s'agit d'un
serment : "Par celui qui possède l'âme de Muhammad dans ses mains, je
m'engage à combattre sur le chemin de Dieu; je tuerai et combattrai, je
tuerai et combattrai, je tuerai" (article 15 de la charte du HAMAS)
Dans ces circonstances, il faut reconnaître, à décharge des
palestiniens, qu'il leur est difficile de considérer favorablement les
juifs voleurs de terre, et que, nourris de ces textes inlassablement
répétés, ils n'ont d'autres choix que consacrer leur temps, non au
développement économique des terres qu'ils occupent, mais plutôt aux
jets de pierre, à l'envoi de roquettes quassam, à la commission
d'attentats, au creusement de tunnels à Gaza en vue d'acquérir des armes
ou se faufiler sur le territoire israélien pour enlever des israéliens
ou les tuer...
La paix ne peut être signée avec Mahmud Abbas : elle doit l'être avec
l'ensemble du peuple palestinien à condition qu'il abroge expressément
les textes légaux qui appellent à la disparition de l'Etat juif.
Restera pour la société palestinienne d'intégrer la conception
égalitaire de la société israélienne.
II L'ADMISSION DE LA CONCEPTION EGALITAIRE DE LA SOCIETE ISRAELIENNE
Les textes institutionnels de l'Etat d'Israël aménagent pour les
ressortissants, une totale égalité de droits sans distinction de race et
de sexe. L'Etat juif leur permet de jouir d'une liberté de culte, de
conscience, de langue, d'éducation et de culture et assure la protection
des lieux saints de toutes les religions.
De la même manière, les dirigeants palestiniens pourraient aménager dans
les textes d'organisation de la société palestinienne, des règles
laïques de fonctionnement des institutions (A), ouvrant la voie à
l'esprit de tolérance auquel invite l'évènement de la Tour Babel (B).
A L AMENAGEMENT DE REGLES LAIQUES DE FONCTIONNEMENT DE LA SOCIETE
PALESTINIENNE
Pour que des communautés d'origines diverses puissent s'entendre, il est
nécessaire de partager les mêmes valeurs, de faire preuve de tolérance
et d'accepter l'autre dans ses différences.
Un fonctionnement laïc de société offre de nombreux avantages car dans
un tel système, le pouvoir religieux ne dispose d'aucune prérogative
politique, administrative ni ne contrôle les modes d'enseignement
scolaire.
Pour les palestiniens il pourrait en être ainsi pour que l'égalité des
droits des membres soit garantie en dépit de leur différence.
Actuellement, un tel corps de règles laïques peut s'avérer délicat à
mettre en place.
En effet, dans l'Islam, il n'existe pas de séparation entre le profane
et le religieux car c'est à Dieu « qu'appartient la royauté des cieux et
de la terre » (sourate 9 verset 116).
En outre, dans l'Islam il n'existe pas d'égalité entre les individus
puisque Dieu a accordé « plus de dons aux uns qu'aux autres » (sourate
16 verset 33).
Ainsi, les prérogatives juridiques ne sont pas identiques puisqu'un non
musulman ne peut témoigner contre un musulman (sourate 2, verset 143),
les hommes sont supérieurs aux femmes (sourate 2, verset 228), les
femmes peuvent être répudiées (sourate 2, verset 229-230) ou battues
(sourate 4, verset 34). Elles sont en tout état de cause des êtres
incapables (juridiquement) comme le sont les mineurs (sourate 4, verset
97-99).
Pour ce qu'il en est de la liberté de culte, il n'est pas possible pour
une musulmane d'épouser un non musulman (sourate 2, verset 221), ni pour
un musulman de se convertir car l'apostasie est un des péchés les plus
grave :
les apostats sont considérés comme ayant renié la Vérité après l'avoir
connue (sourate3, verset 86).
De la même manière, il n'existe pas de notion de citoyenneté en Islam:
la seule communauté reconnue est la « 'umma », nation de juste milieu,
composée des membres de la communauté musulmane qui ne peut dévier de la
Vérité. (sourate 2, verset 143).
La paix avec les palestiniens exige donc d'eux qu'ils se dotent
d'institutions démocratiques afin que les droits de la personne soient
respectés selon un principe d'égalité.
A la communauté des croyants serait substitué le principe de
citoyenneté, et la diversité humaine serait admise sans être soumise à
la volonté d'Allah.
Par la mise en place d'un tel système, les palestiniens pourraient gérer
par eux les activités humaines en faisant échapper les règles de la vie
sociale à l'emprise de la religion et de la loi divine toute en
respectant la population dans sa diversité.
B LE RESPECT DE LA DIVERSITE HUMAINE ET L EVENEMENT DE LA TOUR DE
BABEL
La diversité humaine date, selon la Thora, de l'épisode de la Tour de
Babel (Gen XI,1-9).
A cette époque, les descendants de Noé représentaient l'humanité entière
et n'avaient qu'une seule langue pour communiquer.
Ils se sont unis pour construire une tour pour atteindre le ciel,
symbole de leur ambition démesurée, se faire un nom et ne pas être
dispersés sur la face de la terre.
Le Seigneur a contrecarré le projet en confondant les langues pour les
empêcher de communiquer et de terminer leur construction :
L'Eternel descendit pour voir la ville et la tour que construisaient les
hommes et dit : « Voici, ils forment un seul peuple et ont tous
une même langue, et c'est là ce qu'ils ont entrepris ; maintenant rien
ne les empêcherait de faire tout ce qu'ils auraient projeté. Allons !
Descendons, et là confondons leur langage, afin qu'ils n'entendent plus
la langue, les uns des autres. Et l'Éternel les dispersa loin de là sur
la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville. »
(Genèse, XI, 1-9).
Depuis cet évènement, les groupes humains sont multiples, tout comme
leurs langues et leur mode de vie.
Toutefois, en dépit de leur différence, la tentation est grande pour un
groupe de prendre l'ascendant sur un autre en imposant sa foi, son mode
de pensée et sa culture.
Pour éviter les rapports de forces entre les groupes humains et pour
respecter cette diversité voulue par le Ciel, il convient d'être animé
d'un esprit de tolérance.
L'union entre les hommes pourra alors être obtenue, non pas en procédant
par la force ni en imposant un mode de pensée, mais en élevant son âme
et en cultivant les valeurs du cour.
Reste donc à la société palestinienne à intégrer dans son système le
respect de la diversité humaine et le principe très simple selon lequel
un juif ne vaut pas moins qu'un musulman, il sera alors possible pour
les peuples israéliens et palestinien d'établir des relations
diplomatiques, de fixer des frontières entre les Etats, et le premier
ministre israélien n'aura pas à envisager l'expulsion de populations
juives de Judée Samarie comme ce fut le cas pour les populations juives
du Goush Katif au cours de l'été 2005.
Les populations juives situées dans des zones concernées par le
désengagement auront alors le choix de partir ou de se maintenir en
devenant israéliens en Palestine ou, s'ils l'envisagent, en prenant la
nationalité palestinienne.
Il y aura alors des juifs en Palestine représentés à l'assemblée
nationale Palestinienne tout comme il est des arabes représentés à la
Knesset et chacun des Etats pourra respecter la souveraineté de l'autre
dans ses spécificités propres. |