|
Des nouvelles contradictoires circulent sur les
conditions d'une éventuelle libération de Guilad Shalit, soldat
israélien enlevé le 25 juin 2006 par des terroristes palestiniens.
Des communications laissent entrevoir un échange du soldat contre des
détenus palestiniens alors que d'autres font état d'obstacles à cette
libération tel le versement de sommes par le Président iranien Mahmoud
pour empêcher toute avancée dans le processus diplomatique des
négociations.
En tout état de cause, le mode d'appréhension de l'acte d'enlèvement
d'un soldat par la société palestinienne est tout à fait particulier.
A la différence des systèmes démocratiques où l'enlèvement de personne
constitue un crime qui relève des plus hautes juridictions répressives,
l'Autorité Palestinienne n'est pas dotée d'institutions
juridictionnelles protectrices de la personne humaine ni d'un cadre de
valeurs, opposables aux membres de la communauté palestinienne.
Ainsi, au delà du crime d'enlèvement, Guilad Shalit est victime
d'isolement dans un espace de non droit qui n'a pas intégré la notion de
Droits de l'Homme (I) ni celle d'Etat de Droit (II).
I L'ABSENCE D'ADMISSION PAR L'AUTORITE PALESTINIENNE DE LA NOTION DE
DROITS DE L'HOMME
La société palestinienne considère l'enlèvement d'un soldat israélien
comme une victoire sur l'ennemi sioniste, traduisant ainsi son plus
parfait mépris de la dignité humaine (1°).
D'ailleurs, les demandes tendant à la libération de détenus palestiniens
en échange du soldat enlevé, caractérisent une société qui n'a d'autre
moyen que le crime pour obtenir la libération d'autres criminels ou
délinquants (2°).
1°- le mépris de la dignité humaine par la société palestinienne
Les pays européens n'ont pas toujours été exemplaires en matière de
respect de la dignité humaine mais la période 1939-1945 a permis de
tirer les leçons du fonctionnement de systèmes totalitaires, racistes,
intolérants qui méprisent la nature humaine.
Ainsi, à la suite des tragiques évènements de la seconde guerre
mondiale, l'Assemblée Générale des nations unies a adopté la Déclaration
Universelle des Droits de l'Homme (le 10 décembre 1948) qui a fixé le
cadre des nécessaires prérogatives à accorder à la personne humaine afin
de construire un monde de liberté de justice et de paix.
Le principe fondamental, véritable pilier au cour de la philosophie
humaniste, est celui selon lequel les hommes naissent libres et sont
égaux en dignité et en droit et ont pour devoir d'agir les uns envers
les autres dans un esprit de fraternité.
L'admission de ce principe permet de consacrer les droits fondamentaux
d'une personne et d'accorder une égalité de traitement aux personnes
humaines quelque soit leur religion, leur couleur ou leur race.
Si le système institutionnel palestinien intégrait la suprématie de la
dignité humaine et les valeurs qui en découlent, il offrirait à Guilad
Shalit de revendiquer les droits émanant de la Déclaration Universelle
des Droits de l'Homme sans distinction de race ou de religion (article 2
DUDH), la faculté de ne pas se voir infligé un traitement cruel,
inhumain ou dégradant (article 5 DUDH), une égalité devant la loi et une
égale protection de la loi (article 7 DUDH), un recours devant les
juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits
fondamentaux qui lui sont reconnus par la loi ( article 8 DUDH),
l'opportunité de ne pas être arrêté ou détenu arbitrairement (article 9
DUDH), le droit d'être entendu par un Tribunal indépendant et impartial
qui décidera de ses droits et obligations et du bien fondé des
accusations portés contre lui (article 10 DUDH), la présomption
d'innocence (article 11 DUDH).
L'inconvénient pour Guilad Shalit résulte de ce que les membres de la
société palestinienne méprisent les droits fondamentaux reconnus par la
Déclaration Universelle des Droit de l'Homme et plus généralement, la
nature humaine.
Dès lors, Guilad Shalit, privé des droits les plus élémentaires reconnus
dans les grandes démocraties du monde, risque de voir son salut dans la
libération de délinquants ou de criminels comme si le crime que
constitue son enlèvement pouvait servir à en effacer d'autres.
2°- la commission de crimes pour libérer des criminels ou délinquants
Des rumeurs circulent selon lesquelles, Guilad Shalit pourrait être
échangé contre des délinquants ou criminels incarcérées dans les geôles
israéliennes, véritable monnaie d'échange dans le cadre d'acte de
guerre.
Dans un premier temps, les exigences portaient sur la libération de
Marwan Barghouti, chef du Fatah pour la Cisjordanie, condamné en Israël
à 5 peines d'emprisonnement à vie pour son implication dans une série
d'actes meurtriers anti-israélien.
Plus récemment, les demandes portent sur la libération de l'ensemble des
femmes et des détenus les plus anciens.
Ainsi, le crime de l'enlèvement de Guilad Shalit pourrait trouver son
issue dans un échange avec des personnes ayant porté atteinte aux
intérêts supérieurs de la nation juive et qui purgent des peines
d'emprisonnement à ce titre.
Ce mode opératoire révèle une nouvelle fois la déliquescence de la
société palestinienne dénuée de toute valeur morale, de notion de bien
et de mal et qui imagine de trouver dans la commission de nouveaux
crimes le moyen de libérer des personnes déjà condamnées.
En réalité, la société palestinienne refuse de se doter d'un cadre
institutionnel figeant les droits et devoirs du citoyen palestinien dans
un projet de coexistence avec l'Etat hébreu et manipule
intellectuellement les jeunes générations de palestiniens dont l'unique
raison est centrée sur l'
éviction des juifs de la terre qu'ils estiment être la leur.
Tant que la société palestinienne n'aura pas intégré la nécessité de se
libérer de cet enfermement intellectuel dans lequel les emprisonnent
leurs dirigeants (motivés par l'argent de la collectivité internationale
et leur folie meurtrière), elle ne pourra acquérir de maturité politique
et accepter les valeurs qui sont celles d'un Etat de droit.
II L'ABSENCE DE VOLONTE POLITIQUE PALESTINIENNE DE SE DOTER D'UN ETAT
DE DROIT
Guilad Shalit ne peut revendiquer la protection offerte par un Etat de
droit, bien que ce mode d'organisation soit devenu une référence des
sociétés démocratiques.
Si la société Palestinienne acceptait la mise en place d'un tel système,
les règles juridiques de fonctionnement de la société, opposables à tous
y compris à l'Etat lui-même, pourraient profiter au soldat enlevé (1°).
Il conviendrait pour ce faire de supprimer les contradictions qui
empêchent la mise en place d'une société palestinienne démocratique
(2°).
1° l'absence de règles de fonctionnement de la société palestinienne
L'enlèvement d'une personne est un acte d'une cruauté innommable.
Toutefois, la société palestinienne est parvenue à un tel degré de
déshumanisation qu'elle a perdu toute faculté de discernement et toute
conscience de la portée de ses actes.
C'est l'anarchie qui règne au cour des institutions palestiniennes et
l'Autorité Palestinienne n'a d'autorité que le nom : les partisans du
Fatah et du Hamas s'entretuent, la population ne jure que par la guerre
et emploie son temps à creuser des tunnels pour s'armer au lieu de
planter des arbres, aménager ses plages et construire un univers
paisible.
Si l'Autorité Palestinienne s'organisait conformément aux valeurs d'un
Etat de droit dans lequel la puissance publique est soumise au droit et
à une hiérarchisation des normes juridiques, elle pourrait régler les
multiples contradictions qui l'affectent.
Dans un Etat de droit, les missions et compétences des organes de l'Etat
sont définies et doivent respecter une hiérarchisation des pouvoirs avec
une Constitution au sommet de la pyramide, supérieure aux engagements
internationaux, eux même placés au dessus de la loi, située au dessus
des règlements administratifs.
L'instauration d'un tel système supposerait de la société palestinienne
l'admission du principe d'égalité entre les sujets de droit, la mise en
place d'une séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire
et une justice indépendante.
C'est à ce projet politique qu'aspirait société palestinienne, notamment
travers un projet de constitution de l'Etat de Palestine rédigé le 7
mars 2003 révisé le 25 mars 2003, qui contenait les principes directeurs
de fonctionnement de la société.
Il est regrettable que certains principes de cette constitution ne
soient pas entrés en vigueur car si tel avait été le cas, Guilad Shalit
aurait pu se prévaloir de certaines prérogatives telles le respect et de
la vénération des autres religions monothéistes (article 5 projet de
constitution de la Palestine), la mise en place d'une démocratie
représentative et du respect des droits et libertés des citoyens
(article 8), l'obligation pour le gouvernement de respecter la loi et la
justice (article 9), l'obligation pour l'Etat d'indemniser les dommages
résultant d'erreurs (article 10), le principe d'indépendance et
d'immunité de l'ordre judicaire pour la protection des droits et
libertés (article 11), le respect des droits de l'homme et des libertés
(article 20), du droit à la vie (article 25) le droit à la sûreté
personnelle et l'interdiction des traitements inhumains (article 26)...
L'inconvénient résulte de ce que le projet de Constitution palestinien
contient des dispositions, parfaitement conformes aux valeurs passéistes
de la société palestinienne, mais qui contredisent le projet
démocratique lui-même.
2°- l'impossible admission contemporaine des valeurs démocratiques
par la société palestinienne
La société Palestinienne est enfermée dans des principes qui la prive de
toute évolution vers l'Etat de Droit.
En effet, en marge de l'affirmation des valeurs démocratiques et
humanistes, le projet de Constitution précise l'assiette géographique de
l'Etat (article 1er), en l'occurrence « les frontières à la veille de
1967 » (qui ne la concernent pas), l'appartenance à la nation arabe et
le respect de la charte de la ligue des Etats arabes (article 2), la
capitale de l'Etat qui serait Jérusalem (article 4), la source du droit
qui est la sharia islamique (article 7), le droit au retour des
palestiniens de 1948 (article 13) et l'
application de la résolution 194 (pourtant inapplicable)...
Or, la contradiction des règles démocratiques envisagées avec les
principes tirés des législations arabes ou l'attachement à des principes
historiquement faux, empêche la constitution d'entrer en vigueur.
Pour mémoire, le projet de constitution de la Palestine prévoit le
respect des droits de l'homme (article 20), l'égalité des hommes et des
femmes, (article 22), le droit à la vie (article 25), à la sûreté
personnelle (article 26).
Or, de tels principes s'oppose à ceux de la sharia islamique qui
consacre l'inégalité des musulmans et des non musulmans ou encore de
l'homme et de la femme, qui permet à l'homme de battre sa femme, qui
sanctionne le vol par l'amputation d'une main...
De même , les principes du droit à la vie et à la sûreté sont contredits
par l'enseignement des poses de ceintures explosives ou d'incitation à
la mort dans le Jihad.
Si la société Palestinienne essayait de régler les contradictions de son
projet institutionnel et cessait de s'enferrer dans l'absurdité de ses
principes, Gulad Shalit pourrait être libéré encore plus rapidement et
l'exemple donné pourrait servir à la libération d'Ehoud Goldvasseur et
Eldad Regev détenus au Liban.
Les palestiniens pourraient simplement se souvenir que les règles
démocratiques et les valeurs humanistes des droits de l'homme sont
inspirées des lois de Noé dont le caractère est universel. |