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La manifestation « GAY » tenue le 10 novembre 2006 dans
le stade de l’Université hébraïque de Jérusalem s’est déroulée sans
incident.
Des opinions divergentes se sont exprimées sur l’opportunité de
l’évènement mais au-delà des aspects polémiques, il semble difficile
d’être indifférent au message adressé par cette communauté d’hommes et
de femmes physiquement, émotionnellement ou sentimentalement, attirés
par des personnes du même sexe.
En réalité, la Bible n’a réservé aucun statut spécifique aux membres de
la communauté homosexuelle voire, les a stigmatisé (I) mais si les
institutions démocratiques contemporaines admettent le phénomène, il
n’est pas certain qu’il faille faire intégrer ce mode de vie dans la
sphère publique (II).
I. L’ABSENCE DE STATUT RESERVE PAR LA BIBLE A LA COMMUNAUTE
HOMOSEXUELLE
Pour la Bible, le couple n’est formé que par l’homme et la femme (1°)
dont les relations intimes visent à procréer (2°).
1°- la consécration Biblique de l’union homme femme
La Bible n’envisage positivement le couple que dans le cadre d’une
relation homme femme sans laisser de place à d’autre type d’union.
En réalité, non seulement l’homme et la femme doivent se trouver mais en
outre, leur union participe de la perfection du monde.
Ainsi, la Genèse rappelle-t-elle que l’homme ne peut rester seul et
c’est la raison pour laquelle la femme lui est offerte comme aide
appropriée et également pour lui permettre de se réaliser en tant
qu’homme.
« Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je vais lui faire une aide qui
soit appropriée » (Gn 2,18).
Rappelons que cette union de l’homme est de la femme présente une nature
tout à fait transcendantale puisqu’il s’agit de reconstituer l’Unité : «
L’homme abandonne son père et sa mère, il s’unit à sa femme et il
devienne une chair » (Gn 2,24).
Notons également que si la Bible appréhende le couple à travers la
relation de l’homme et de la femme, l’union se conjugue avec un rapport
de force : « ton désir te portera vers ton mari et lui te dominera » (Gn
3,16).
Il résulte de tout ceci que l’organisation Biblique du couple ne
concerne en rien une union homosexuelle d’autant plus que le texte sacré
envisage la relation intime pour la procréation, également interdite aux
membres de la communauté homosexuelle.
2°- La procréation, finalité de la relation sexuelle
Les relations intimes sont entendues dans la Bible comme le prolongement
de la fondation d’une famille et de la nécessité de procréer : « soyez
féconds et reproduisez vous et remplissez la Terre » (Gn 1,28).
Une fois encore, les membres de la communauté homosexuelle sont exclus
du projet divin.
Ceci vaut tant, pour la fondation de la famille que pour les sentiments
éprouvés puisque le sentiment amoureux n’est sensé naître qu’après
l’accouplement de l’homme et de la femme : « Isaac la conduisit dans la
tante de Sarah, sa mère, il prit Rebecca pour femme et il l’aima » (Gn
24,67).
Plus grave, le texte sacré rejette définitivement tout autre forme
d’accouplement telle l’homosexualité masculine considérée illicite (Lv
18,22), ou qualifiée « d’acte abominable» et passible d’une condamnation
à mort (Lv 20,13). De même, l’homosexualité féminine est prohibée par la
tradition rabbinique (Yad, Issouré Biyah 21,8).
En réalité, même si le judaïsme nuance sa position à l’égard du
phénomène homosexuel en condamnant l’acte et non la personne et en
encourageant les efforts pour changer les habitudes sexuelles, les
membres de la communauté GAY peuvent considérer le texte comme relevant
d’une intolérance définitive à leur endroit.
Force est néanmoins de reconnaître que les règles démocratiques de la
société israélienne ont partiellement remédié à cette marginalisation.
II. L'ADMISSION CONTEMPORAINE DU COMPORTEMENT HOMOSEXUEL PAR LA
SOCIETE CIVILE
En Israël, le choix de l’orientation sexuelle fait partie des libertés
individuelles privées (1°) sans qu’il ne soit nécessaire d’organiser
légalement le couple homosexuel ( 2°)
1° - Le mode de sexualité comme liberté individuelle privée
Pour les personnes homosexuelles, l’orientation sexuelle n’est pas
l’expression d’une perversion mais d’une nature particulière qui les
anime tout comme les hétérosexuels sont spontanément attirés par des
personnes de l’autre sexe.
La volonté, pour la communauté gay, de sortir de la clandestinité est
née des affrontements entre homosexuels et policiers, dans un bar gay de
New York le 26 juin 1969.
Depuis cet événement, les gays pride commémorent les jours d’émeutes,
luttent pour briser les tabous et les discriminations, affirment les
différences, et marquent les préoccupations sur les types de maladies
spécifiques dont les membres peuvent être atteints.
En Israël, l’orientation sexuelle est une liberté individuelle protégée
par la loi fondamentale du 17 mars 1992 qui rappelle le caractère
démocratique de l’Etat d’Israël et qui réaffirme le droit à l’intimité.
Aussi, et eu égard à la protection légale spécifique profitant aux
personnes homosexuelles, bon nombre d’israéliens ne comprennent pas les
raisons d’organiser une parade particulière en estimant que la
manifestation pourrait devenir un prétexte au glissement de la société
vers une forme de décadence ou une réhabilitation des valeurs de Sodome
et Gomorrhe.
C’est dans ces conditions qu’il a été conclu un compromis sur une
absence de défilé préalable à la Gay pride évitant de froisser tant les
organisateurs que les religieux.
Il n’en demeure pas moins que pour une majorité d’israéliens, le
mouvement homosexuel ne devrait pas intégrer les sphères de la vie
publique.
2° les difficultés d’intégrer l’homosexualité dans la sphère publique
La lutte internationale des homosexuels contre les discriminations porte
sur l’insertion dans les lois civiles nationales de mesures
particulières telles la facilitation des procédures de changement d’état
civil, une meilleure lutte contre les ségrégations de personnes vivant
avec le VIH, la possibilité de permettre de droit d’asile aux personnes
persécutées en raison de leur orientation sexuelle, la possibilité de se
marier ou d’adopter des enfants.
En France, la loi sur le pacte civil de solidarité a offert un statut et
des avantages fiscaux et sociaux aux personnes homosexuelles vivant
ensemble, mais le régime n’est pas parfaitement calqué sur celui du
mariage et certaines prérogatives sont refusées comme l’accès aux
procédures de procréation médicalement assistée ou le mariage.
Pour ce qu’il en est de l’adoption d’enfants, la procédure est ouverte à
toute personne âgée de plus de 28 ans ou à tout couple marié présentant
des garanties d’équilibre pour l’enfant (article 343-1 du code civil),
mais le projet parental de couples homosexuels n’est pas reconnu de
manière identique.
En Israël, la loi n’a pas consacré de telles dispositions et il
semblerait que la nature particulière de l’Etat hébreu ne puisse
conduire à l’insertion de dispositions légales équivalentes.
Aussi, l’organisation de la GAY PRIDE à Jérusalem était plutôt un défi
ou une manière de rappeler au monde que le Ciel ne saurait abandonner
une partie de sa création. |