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Azmi Bishara, député arabe israélien de la Knesset, a été
reçu au Qatar par l’Emir Cheikh Hamad bin Khalifa al Thani à qui il a
sollicité le bénéfice de l’asile politique en raison des persécutions
dont il est victime de la part de l’Etat hébreu qui l’empêche de tenir
son rôle de député.
Plus précisément, le député Bishara ne comprend pas la raison pour
laquelle il fait l’objet de poursuites pour s’être rendu en Syrie, pays
en guerre avec Israël, en octobre 2006 alors que l’Etat d’Israël n’a pas
à lui dicter lesquels des pays arabes il peut ou non visiter.
Depuis toujours les positions du député arabe sont anti israéliennes :
en août 2006, il s’est permis de qualifier Israël d’Etat terroriste dans
un article sur la guerre au Liban signé comme « député palestinien de la
Knesset » (Al Ahram Weekly "When the skies rain death" publié le lundi 7
août 2006 sur le CCIPPP). De même, en 2001, dans le village Umm el Fahm
en Galilée, il a fait l’apologie du Hezbollah qui redonnait aux arabes
le goût de la victoire.
Néanmoins, il ne comprend pas pourquoi l’Etat juif lui rappelle son
inconduite à chaque fois qu’il viole ses engagements résultant de son
statut de député.
Sûrement a-t-il oublié que l’article 7A de la loi sur la Knesset du 12
février 1958 (Amendement 9 et 35 concernant les incompatibilités avec le
statut d’électeur ou d’élu), prive de participation aux élections, les
organisations ou les personnes dont le but ou les actions impliquent une
négation de l’existence de l’Etat d’Israël en tant qu’Etat juif et
démocratique (1), incitent au racisme (2), ou soutiennent la lutte armée
d’un pays hostile à Israël ou d’une organisation terroriste contre
l’Etat d’Israël (3).
De la même manière, l’article 15 de la loi fondamentale sur la Knesset
l’a contraint à promettre allégeance à l’Etat d’Israël lorsqu’il est
devenu député. (cet article impose un serment « de faire allégeance à
l’Etat d’Israël et de s’acquitter loyalement de son mandat à la Knesset
»). D’ailleurs, en vertu de l’article 16 de la loi de 1958, il n’aurait
pu jouir des prérogatives du statut de député s’il n’avait pas effectué
cette déclaration.
Enfin, l’amendement 22 de la loi de 1958 insérant l’article 16 A,
rappelle que si un membre de la Knesset tient une double citoyenneté,
israélienne et non israélienne, il est tenu de se libérer de cette
seconde citoyenneté lorsqu’il déclare allégeance à l’Etat d’Israël et ne
peut bénéficier des prérogatives du statut de député tant qu’il ne s’est
pas libéré de cette seconde citoyenneté.
En se présentant comme membre du peuple palestinien lorsqu’il communique
avec les supports médiatiques en langues arabes ou anglaise, Azmi
Bishara ne cache pas sa double allégeance, en parfaite contradiction
avec le texte de l’article 16 A de la loi sur la Knesset.
L’Etat d’Israël est donc, théoriquement, en droit de rappeler à
l’intéressé les obligations qui sont les siennes en tant que député sans
que ce dernier ne s’en émeuve ou éprouve un sentiment de persécution.
En réalité, les annonces du député Bishara sur son prochain retrait de
la vie politique ne sont vraisemblablement qu’une anticipation des
condamnations futures dont il aurait à répondre si les faits concernant
l’intelligence avec l’ennemi étaient avérés : l’article 42 A (amendement
7,18, 26, 32) de la loi sur la Knesset interdit une personne condamnée
pour crime d’être membre de la Knesset et l’article 42 B permet de
demander la suspension de l’intéressé tant que le verdict n’a pas été
prononcé.
Si Azmi Bishara devait être condamné, son mandat de député cesserait de
plein droit et il ne pourrait imputer son départ aux persécutions
subies.
La question que l’on peut finalement se poser, est de savoir pourquoi il
a choisi le Qatar et non les territoires palestiniens comme lieu de
destination alors que son expérience de la vie politique serait sûrement
utile à la population palestinienne (dont il se réclame) et
constituerait une belle manifestation de son intégrité intellectuelle.
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