19 Heshvan  5768            31.10.2007    Numéro 334

 

   

  A LA UNE

   
Emeutes de P’kiin : la communauté druze et la police réclament une enquête
 
 
Plus de 30 blessés, dont deux dans un état grave : c’est le bilan des affrontements qui ont opposé les forces de l’ordre aux émeutiers. 
Sept ans après les soulèvements qui avaient embrasé la Galilée au début de la deuxième intifada, c’est le village druze de P’kiin, ordinairement calme, qui a été le théâtre de heurts particulièrement violents. Plus de deux cents hommes, policiers, gardes-frontière et membres d’unités anti-émeutes sont entrés dans la nuit de lundi à mardi dans la localité, pour y arrêter 17 personnes, soupçonnées d’avoir, quelques jours plus tôt, mis le feu à une antenne-relais de téléphone cellulaire, située sur le terrain d’un habitant juif de cette agglomération. Les suspects étaient aussi recherchés pour plusieurs agressions, notamment contre des policiers. Rapidement, les forces de l’ordre se retrouvent face à plus d’une centaine de jeunes, apparemment avertis de leur intervention, et c’est alors que les affrontements commencent.
Plusieurs groupes des forces de sécurité qui se sont divisées, sont pris à partie par des émeutiers. Certains sont attaqués à coups de pierres, mais selon leurs témoignages, ils essuient aussi des tirs et des jets de grenades lacrymogènes et paralysantes. Une femme policier, séparée de son unité, est séquestrée par des manifestants avant d’être secourue par un policier druze à la retraite, qui lui donne refuge dans sa maison. Des infirmiers du Magen David Adom, venus évacuer des blessés, ont également été agressés par les manifestants.
Les affrontements feront  plus d’une trentaine de blessés, dont deux policiers plus sérieusement touchés. L’un d'eux a été atteint à la tête par un bloc de pierre jeté du toit d’une maison, alors que son collègue a eu la main à moitié arrachée par une grenade. Un manifestant a été atteint d’une balle dans le ventre, et une maison vide, appartenant à une famille juive du village, a été incendiée.
Dans le même temps les responsables de la police avaient entamé des pourparlers avec les élus locaux et les dignitaires de la communauté druze, qui ont contribué à calmer la population et permis à la policière de sortir du village, en échange de cinq émeutiers arrêtés qui étaient relâchés par les forces de l’ordre. Le commandant de la police a confirmé que ses hommes, en danger de mort,  avaient dû ouvrir le feu à balles réelles. L’officier supérieur  a toutefois ordonné une enquête de l’inspection générale des services de police, pour déterminer les circonstances de ces tirs. Les dignitaires druzes ont  de leur côté accusé la police d’avoir fait un usage excessif de la force et exigé la nomination d’une commission d’enquête indépendante. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Madjadli Wahabeh, lui-même membre de la communauté druze, a réclamé le limogeage du commandant de la police de la région nord. Le ministre de la Sûreté Avi Dichter a affirmé quant à lui que "tous ceux qui lèveraient la main sur des policiers seraient poursuivis en conséquence". La commission de la Knesset chargée des Affaires intérieures a annoncé son intention de se rendre sur place pour enquêter sur les circonstances des émeutes et de leur répression.
 

 Sécurité

 
-   Nouveaux tirs palestiniens contre les localités israéliennes de l’ouest du Néguev. Cinq obus de mortier tirés à partir du nord de la Bande de Gaza ont touché la communauté de Netiv Haassara, au sud d’Ashkelon. Un obus a frappé de plein fouet une maison, dont les habitants avaient juste eu le temps de descendre à la cave, mais une femme a dû être traitée pour état de choc. Une roquette a également atteint une habitation du kibboutz Saad, sans faire de blessé. Deux Kassams se sont abattus plus tard dans la soirée  sur les faubourgs de Sdérot, sans faire ni blessé ni dégât.
 
-   Ehud Barak réitère son avertissement aux groupes terroristes. «Chaque jour qui passe nous rapproche d’une campagne d’envergure dans la Bande de Gaza» a répété le ministre israélien de la Défense. Le Hamas de son côté affirmé qu’il était prêt à passer à l’offensive contre Israël.

 

  Diplomatie

 
   La chef de la diplomatie israélienne achève sa visite officielle en Chine. Tzipi Livni s’est entretenue avec son homologue des Affaires étrangères, ainsi qu’avec le Premier ministre chinois et de hauts responsables du parti communiste, à qui elle a rappelé l’importance d’un renforcement des sanctions diplomatiques contre l’Iran. Ses interlocuteurs l’ont assurée que la Chine était également opposée à voir Téhéran se doter de l’arme nucléaire, et qu’elle considèrerait la possibilité de nouvelles mesures contre l'Iran.

 

  Social

 
   Toujours pas de règlement dans le conflit qui oppose les enseignants du secondaire au Ministère des Finances. Plusieurs centaines de professeurs des collèges, soutenus par les chargés de cours de l’enseignement supérieur,  également en grève, ont manifesté devant la résidence du Premier ministre, réclamant l’intervention immédiate d’Ehud Olmert pour résoudre la crise. Parallèlement, le Rabin Shlomo Aviner a décidé de soutenir les enseignants du courant public-religieux qui estiment devoir se joindre à la grève pour manifester leur conviction que l’enseignement est une responsabilité collective.

 

  Economie

 
   La hausse du pétrole se répercute à la pompe. Le prix de l’essence augmente à partir d’aujourd’hui de 3%. Un relèvement que va également répercuter El Al sur le prix de ses billets d’avion dont les tarifs seront majorés de 3% à partir du 1er novembre.

 

  Nécrologie

 
   Disparition d’Israël Poliakov, une des plus célèbres figures du music-hall israélien, qui a succombé à un cancer à l’âge de 66 ans. Celui que tout le monde surnommait Poli, avait monté en 1964 avec Shaïkeh Levy et Gavri Banaï le trio comique Hagashash Hah’iver, «Le détective pâle». Pendant plus de vingt ans, avec ses deux compères, il a fait se tordre de rire des millions d’Israéliens, dont il savait se moquer affectueusement. Capable de prendre tous les accents, il imitait aussi bien un juif roumain pète-sec, qu’un immigrant du Maroc colérique. Poli avait aussi le don particulier de saisir des clichés comiques qui devenaient par lui, des expressions populaires reprises par la société israélienne. Le trio s’était même vu décerner en 2000 le prestigieux Prix Israël.

 

  Culture

 
   « Les Juifs du combat – Le mouvement national juif en URSS de 1967 à 1989 » c’est le titre de l’exposition qui s’ouvre aujourd’hui à Tel Aviv au Beit Hatefoutsot, le Musée de la Diaspora. Une rétrospective originale qui retrace la lutte des Juifs russes face au régime soviétique pour obtenir le droit d’immigrer en Israël, et de vivre librement leur judaïsme. L’exposition rend hommage au combat des refuzniks, ceux que l’on a appelé aussi les "Prisonniers de Sion", comme Ida Nudel ou Natan Sharansky et qui ont résisté aux persécutions et à l'emprisonnement pour faire reconnaître les droits de leur peuple.

 
 
 
 
  

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